1-Intervention d’André PICOT (surnommé « monsieur produit chimique » par son homologue)
Tout d’abord un constat : la recherche toxicologique en France est déconsidérée depuis longtemps. Les crédits consacrés à ce domaine sont très faibles en regard de ce qui se fait ailleurs en Europe. Le CNRS ne possède qu’une seule unité de recherche sur le risque chimique en France.
Parmi les produits chimiques les plus toxiques recensés actuellement, on peut noter les « retardateurs de flamme », présents dans de nombreux produits dont vraisemblablement le polystyrène. Ces produits contiennent les éléments chimiques chlore et brome, qui lors de la combustion peuvent être très nocifs à la santé humaine. Signe d’un changement par rapport à ces produits : les chinois en interdisent l’utilisation! Une autre produit possible pour les retardateurs de flamme : des nano-structures … dont l’utilisation croissante interroge de nombreux spécialistes d’éthique.

Le styrène : présent en très faible quantité dans la nature, il est de la famille des composés aromatiques (il sent bon !). Qu’en est –il de sa toxicité à forte dose ? A priori pas de consensus scientifique, il s’attaquerait au système nerveux et provoquerait fatigue et nausées. Sur les effets à long terme , il est classé (2B), c’est à dire cancérogène possible.
Le styrène est issu de l’industrie pétrolière et subit une réaction de polymérisation avant de se transformer en « polystyrène ».

Le polystyrène
N’est pas un toxique pour la bonne raison que les molécules formées sont très longues. C’est un produit relativement stable. Concrètement : avaler du polystyrène ne représente pas de danger car il ne peut être assimilé par l’organisme. Le polystyrène se dépolymérise très faiblement (en se retransformant en styrène).
Sécurité : le polystyrène est très inflammable et produit lors de la combustion de l’eau, du monoxyde de carbone (très toxique), du dioxyde de carbone et … peut-être des retardateurs de flamme.

Le pentane
C’est l’agent gonflant du polystyrène. Il est considéré comme un neuro-toxique. Il peut engendrer des maux de têtes, de la fatigue et possède des propriétés narcotiques. Peu voire pas de danger cependant sur le long terme.
Sécurité : il est explosif et très inflammable! Nécessite l’utilisation de ventilation et de captage lors de son utilisation.

2- Intervention de Claude LESNÉ (médecin toxicologue et épémiologiste au CNRS)

L’usine Knauf se présente comme une « fabrique de Pop Corn ». C’est avant tout une usine chimique qui utilise … des produits chimiques.
Quelques interrogations : Knauf utilise-t-elle des retardeurs de flamme dans ses produits ? La question a été formulée lors de la présentation à la population du projet, mais la réponse de l’entreprise avait été pour le moins très évasive.
Knauf semble réputée pour ne pas être à cheval sur les règles de sécurité (rappel : 2 incendies à Redon). L’unité de seulement 50 salariés ne justifie pas la mise en place d’un comité d’hygiène et de sécurité. Le personnel sera-t-il formé au risque ? Rien n’est moins sûr.

Inquiétudes sur les composés organiques volatils (COV)
90% du pentane utilisé s’évapore ! (sauf si process de réupération). Quels autres solvants utilisé pour nettoyer les moules (du trichlore éthylène ?) Tous ces produits concourent à l’augmentation dans l’atmosphère des COV. Ces solvants organiques se conjuguent avec les UV et le dioxygène de l’air pour donner de l’ozone (O3) . C’est un produit extrêmement toxique de la catégorie supérieure. Le taux d’ozone a été multiplié par 5 dans l’hémisphère nord depuis 100 ans.
Ces chiffres sont à mettre en parallèle avec l’augmentation des cancers dans notre société (1 français sur 2 fera en cancer dans leur vie contre 1 française /3). La pollution chimique se développe . Les effets à long terme sont parfois difficiles à évaluer notamment avec les « perturbateurs endocriniens » qui ont des effets sur le système reproducteur.

Qu’en sera-t-il de l’atmosphère intérieure de l’usine et dela santé à long terme des ouvriers ?

3- intervention de l’association : sauvegarde de la Vallée de l’Aff

L’usine Knauf déclare actuellement une production de 9 tonnes/ jour de polystyrène expansé (PSE). Ainsi l’usine est soumise pour exploiter à déclaration et non autorisation car sa production est inférieure à 10 tonnes… L’autorisation est plus difficile à obtenir, il faut une enquête d’utilité publique et tout une série d’avis avant d’avoir le droit d’exploiter.
Pourtant l’usine de Redon produisait une quantité de 38 tonnes/jour. Le nombre d’employés étant conservé, il apparait clairement que l’usine cherchera à exploiter les failles de la législation en demandant dans un premier temps un minimum de contraintes. Dans un second temps l’usine demandera une extension de production qu’il sera difficile au préfet de refuser même si une enquête d’utilité publique a lieu.
Les riverains déplorent avoir été mis devant le fait accompli. Pourtant les élus du secteur savaient ce qui allait se passer. Un fait parmi d’autres : les riverains ont rédigé au maire de Cournon un courrier début Octobre (2006) pour lui exprimer leurs inquiétudes. A ce jour, aucune réponse…

4- Intervention d’eau et rivières de Bretagne

Un grave acccident s’est déroulé en 2006 près du Grand Fougeray avec l’entreprise LODI. L’usine fabrique des pesticides. L’entreprise était autorisée à un stockage en cuve de 75 kg. Dans les faits se sont 18 tonnes qui s’y trouvaient et 5 tonnes à se déverser dans la Vilaine!
Cet accident doit servir d’exemple aux associations pour qu’elles exercent plus que jamais un rôle de vigilance près des pouvoirs publics car ceux-ci sont loin de faire respecter la législation.

Mon avis

Le débat a été riche en interventions diverses et notamment en témoignages. Les responsables de l’entreprise ont été interpellés. Les réponses du responsable ont été très décevantes : « Nous respectons la législation. Tout le monde fait comme nous » (on construit d’abord et on demande les autorisations ensuite…). Aucune négociation possible, l’entreprise est irréprochable. Même pas une perche tendue à l’association… Et même des propos indécents : « vous utilisez du chanvre pour l’isolation… sans doute que vous le fumez aussi… »
Bref, calamiteux en terme de communication.
En réponse, quelques représentants de l’association haussent le ton et menacent de bloquer l’usine lors de son ouverture.

Mais où sont donc les élus? Pourquoi sont ils donc absents ? Vont-ils laisser les ouvriers de l’usine et les membres de l’association se taper dessus?
Je trouve cela assez incroyable.
Les élus du secteur ont-ils négociés l’implantation de l’usine sans considérer l’intérêt des riverains de l’usine ?
Alors qu’ils pourraient jouer un rôle d’arbitre dans cette affaire, les voilà qui désertent… Ont ils déjà pris fait et cause inconditionellement pour l’usine? C’est problable.

Le chantage à l’emploi a encore de beaux jours devant lui. La démocratie participative reste à construire…

site de l'association de protection de la vallée de l'aff :
http://vallaff.free.fr/Accueil.html