Pourquoi donc réaliser une mare?
Par JF Lugué le dimanche 1 avril 2007, 23:02 - Lien permanent
C'est un
rêve d'adulte... Nous venons de terminer la réalisation d'une petite mare pas
très loin de la maison. Un magnifique héron cendré est venu la semaine dernière
manger les 4 poissons rouges qui nous avaient été donnés. Sans doute en a-t-il
profité pour percer la bâche plastique avec son bec impressionnant... Notre
rêve n'est pas encore réalité mais nous y croyons...
J'ai encore à l'esprit le souvenir tendre de mes découvertes autour d'une mare lors de mon enfance. Celle-ci a été victime il y a une bonne vingtaine d'année d' un "aménagement urbain".
Qui a l'époque aurait eu conscience de réclamer la sauvegarde d'un vulgaire "trou d'eau", à proximité d'un terrain qui allait devenir un lotissement? Personne. Le problème c'est qu'aujourd'hui encore ces espaces précieux pour le maintient de la biodiversité sont encore rayés de la carte , plus par ignorance que par bêtise. Qui n'a pas en mémoire en Pays de Redon de zones humides recouvertes de gravats et de déchets divers?
Pour que des enfants voient désormais des grenouilles dans leur milieu naturel, il faut qu'ils aillent faire une classe de découverte avec leur école... Quels sont les enfants qui peuvent ainsi observer à quelques pas de chez eux un éco-système très riche et réfléchir ainsi à la complexité du monde? Le monde des jeux virtuels, auxquels les enfants accèdent désormais si facilement, n'arrivent pas à un tel niveau de raffinement et de sensibilité. Malgré les progrès de l'informatique, le vol d'une libellule ou le bal des geris et des coléoptères aquatiques ne seront jamais retranscrits sur un écran avec autant de nuances que dans la réalité.
Nous avons donc estimé qu'il nous fallait partager collectivement avec les enfants ces petits bonheurs simples.
Et si l'exigence du maintien de la biodiversité rejoignait celle de l'émerveillement du monde qui nous entoure?
Commentaires
c'est classique, le coup du héron!!
j'ai un copain qui a vécu cela pendant quelques mois et qui a résolu le problème en tendant tout autour de la mare un fil sur des mini-piquets d'environ 20cm,et ça a dissuadé la bestiole au long bec de récidiver. pourquoi ne pas essayer , ce n'est pas trop violent ?
Effectivement, mais il y a semble-t-il une autre manière d'éviter la visite d'un héron, c'est de mettre un héron en plastique ou en fer... C'est très dissuasif.
Pour l'instant mon soucis est de savoir où se trouve le trou... Quelques personnes se sont proposées autour de moi pour me donner quelques conseils. Je dois donc aller voir leur mare. J'en écrirai plus un peu plus tard.
En parlant de héron, je me permets de vous envoyer un CR d'une entrevue avec le Sous-Préfet du Morbihan :
Bonjour,
Le Collectif pour la Protection de l'Ibis de Bretagne a été reçu mercredi 28 mars par Monsieur ALAVOINE, Sous-Préfet du Morbihan et Directeur de Cabinet.
De cette fructeuse entrevue ressort des avancées notables quant aux demandes de notre collectif :
- La Préfecture du Morbihan revient sur l'arrêté d'éradication ;
- L'application d'un tel arrêté s'avère extrêmement difficile et n'est pas sans conséquence sur l'environnement et les autres espèces ;
- M. le Sous-Préfet a pris en compte le manque d'étude approfondie pour prendre une décision d'éradication et le nécessaire respect de la Convention de Berne ;
- L'ensemble de nos positions sera transmis au Ministère de l'Environnement.
Grâce à vous, vos soutiens, vos signatures, nous avons été entendus. Cependant, l'éradication a commencé en Loire-Atlantique et plusieurs autres départements (initialement 12) sont susceptibles de prendre des arrêtés similaires. En effet, le ministère de l'Environnement et du Développement durable a finalement donné son feu vert, sans toutefois être capable d'expliquer cette décision à la presse qui en avait fait la demande. Le ministère serait-il vicitime de groupes de pression ?
Ainsi, si chacun d'entre nous fait appel à ses relations pour faire signer la pétition, nous multiplierons d'autant nos forces afin de mettre un terme à une éradication scientifiquement infondée et contraire au statut d'oiseau protégé de l'ibis sacré. Enfin, nous réclamons une véritable étude scientifique, digne de ce nom.
Lien : http://www.mesopinions.com/Sauvons-...
Merci à tous,
Pour le Collectif,
Varban Christov ; Bertrand Deléon.
Pour plus d'infos sur l'ibis , je vous invite à lire l'étude à laquelle le collectif pour la Protection de l'Ibis de Bretagne fait allusion mais dont il se garde bien de donner l'adresse: http://www.rennes.inra.fr/scribe/do... Faites-vous votre opinion!
A+ et bonnes obs
Manu
A propos de l'ibis, l'étude véritablement scientifique de l'inra est en effet tout à fait éclairante. Passionné d'ornithologie depuis toujours, l'observation de mon premier ibis en Bretagne m'avait, comme beaucoup d'autres, particulièrement ému. Mais force est de constater, que cette espèce exotique, pose à présent bien des problèmes, face à son caractère invasive. Les cas de prédations de grandes ampleurs sur des espèces protégées et très fragiles, eu égard à la faiblesse de leur population nicheuse comme les sternes ( sternes caugek et pierregarins ) sont
avérés ( destruction totale et très rapide d'une colonie entière à l'île de Noirmoutier ). On a certainement perdu beaucoup trop de temps pour prendre des mesures d'éradication. Personne dans le pays de Redon ne songerait à critiquer la lutte menée contre d'autres espèces invasives, telles la Jussie ou la myriophille du Brésil. Il faut rappeler ici que la deuxième cause mondiale de perte de la biodiversité après la disparition des milieux naturels, est justement l'apport d'espèces allochtones. Pour montrer que je ne suis pas le seul à penser cela, je vous invite à lire l'article d'Alain Thomas ( vice-président de Bretagne Vivante - SEPNB ), publié dans leur revue associative ( n°12 - Bretagne Vivante ) et intitulé " Pourquoi l'un et pas l'autre " . Il y explique pourquoi le développement de certaines espèces tel que le retour du faucon pèlerin est légitime, tandis que celui de l'ibis ne l'est pas. En conclusion, gardons nous de nous emballer par nos émotions et restons lucides face aux bouleversements écologiques aportées par ces espèces qui n'ont rien à faire dans nos milieux naturels, fruits d'une longue évolution naturelle ( l'introduction de l'ibis à partir du parc de Branféré n'a rien de telle ) et aux équilibres si fragiles.
Olivier Noël
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