Loin des discours convenus et des bondieuseries, le film retrace l'histoire de ces moines qui ont voulu partager la vie simple de paysans algériens. Une étroite complicité s'établit entre les moines et la population rurale. Les moines vivent sans aucun prosélytisme religieux au milieu des paysans musulmans.

Au début des années 90 le terrorisme islamiste faisait ses premières victimes: des femmes qui refusent de se voiler, des intellectuels, ... Rappelons que ce sont en tout 150 000 personnes qui seront victimes d’une barbarie sans nom pendant 6 ans.

Les moines reçoivent en 1993 une visite très menaçante de leurs « frères de la montagne » . S'en suit un long débat de leur communauté pour savoir s'ils quittent les lieux. Ils choisissent de rester par fidélité aux villageois et au peuple algérien. La plupart d'entre eux avaient vécu la guerre d'indépendance et se sentaient liés à vie au destin de l'Algérie. En 1996, ils seront séquestrés pendant 2 mois avant d'être exécutés à l'arme blanche par les "fous de Dieu".

Comment expliquer la violence des terroristes, dont certains avaient été hébergés chez les moines? Comment expliquer l'attitude des moines?
Ce film n'y répond pas directement mais les témoignages suggèrent que la réponse se trouve dans l'histoire de l'Algérie. Des luttes coloniales jusqu'aux massacres du GIA, il n'y avait finalement qu'une seule continuité: celle de la violence. Certains algériens vont même subir la subir cruellement 2 fois: lorsqu’ils seront torturés lors de la guerre d'Algérie par l’armée française et seront ensuite massacrés par les leurs au nom d'Allah.

D’autres personnes dont l’histoire n’aura pas retenu le nom, ont eu aussi cette même réaction face à la violence. Ici le contraste est cependant très fort : les protagonistes se réclament tous de Dieu… Une chose est sûre: la non-violence pratiquée par les moines de Tihberine, n'est pas l'apanage d'une religion, ni même d'une civilisation.

Comment ne pas mettre en parallèle l'histoire de ces moines avec celle de Gandhi et Luther King?

Quelle leçon d'humanité!