Peut-on s'interroger quelques instants sur la croissance "durable" qu'il invoque? S'agit-il tout d'abord de posséder une croissance à la chinoise, c'est à dire à deux chiffres? Ou bien s'agit-il peut-être d'un recyclage du concept de développement durable? Mystère... Il serait intéressant que Loic Aubin éclaire ses modestes lecteurs car son programme doit certainement pouvoir remédier à la réduction de la dette de l'état français(1000 milliards d'euros) par la magie de cette fameuse croissance tant invoquée.

Résumons le concept matraqué dans les esprits depuis des décennies et dont Loic Aubin en est le fidèle héritier:  il faut encore plus de croissance (c'est à dire plus de flux d'argent) pour que tout le monde partage le gâteau et que "l'ascenseur "social "fonctionne.


Non seulement cette théorie de la croissance est plus que désuette mais elle devient très dangereuse à force d'en faire le seul critère de l'état de santé de l'économie d'une société. Pourtant , tous les partis politiques français du PS jusqu'au front national continuent à invoquer la "sainte croissance".

Mais peut-on faire indéfiniment de la croissance ? Les partisans de la croissance ne se sont ils jamais posés la question?

Faut-il que nous ayons plusieurs voitures, maisons, par personne pour assurer toujours plus de croissance? Des autoroutes doivent elles être construites entre tous les villages? A moins qu'il ne faille quelques cataclysmes pour stimuler la croissance?

Allez, une petite marée noire et hop! De nouveaux flux d'argents et voilà de la croissance! Peut-être même que des petites guerres, ça fait aussi de la croissance...

Les dévôts de la croissance ne se rendent même pas compte que l'édifice est en train de se fissurer sous leurs yeux! Le réchauffement s'accélère, on en connait plus que jamais les symptomes (avec cet hiver doux et ce début de printemps estival) et il faudrait libérer encore bien plus de CO2 dans l'atmosphère pour assurer de la croissance! Les richesses naturelles des pays pauvres sont pillées par les pays riches pour que ces derniers maintiennent leur sainte croissance à flot. Mais déjà les sources (pétrole et métaux) commencent à se tarir. La fuite en avant se solde tôt ou tard par de terribles lendemains qui déchantent. Nous n'en sommes malheureusement plus très loin si nous ne changeons nos perspectives de développement.

Quand est-ce que les croyants de la "sainte croissance" vont ouvrir les yeux? C'est la question que je me pose souvent.

Pour autant, il n'est pas simple de définir de nouveaux indicateurs de richesse qui soient de véritables baromètres de santé de la société. Mais la tâche est urgente. Des économistes et des citoyens y travaillent. Sans renier complètement des indicateurs sur les flux financiers, on doit impérativement y intégrer des paramètres sociaux (comme le taux d'alphabétisation) et environnementaux (la qualité de l'eau par exemple) et aussi culturels (la santé de la diversité linguistique d'un pays par exemple)! Ainsi nous aurions une véritable idée de la richesse produite, qui serait certainement moins matérielle que immatérielle. Nous aurions ainsi des outils pour évaluer l'épanouissement personnel des citoyens et non seulement la grosseur des échanges financiers.

N'est ce pas là le principal?
Notre choix est donc entre la croissance avec son corollaire d'égoïsme occidental et le partage du gâteau avec les pauvres (d'ici et d'ailleurs).
De plus, il faut bien comprendre que les Pays riches devront amorcer une décroissance matérielle (accompagnée d'une meilleure répartition) pour permettre au Pays pauvres d'accéder aux ressources naturelles et à la véritable croissance.

Encore faut-il que nos futurs élus aient la conviction politique de s'attaquer à cette icône idéologique qu'est la croissance...

Certains (notamment les responsables politiques de droite) en sont encore à des années lumière ....