Passer d'une logique de soin à une logique de santé. Il y a urgence!
Par JF Lugué le vendredi 1 juin 2007, 18:42 - Lien permanent
Il y avait une trentaine
de personnes hier à Bruz à assister à notre première réunion publique. Celle-ci
portait sur la problématique de la santé. L'invité : André Cicolella, auteur du
livre "le défi des épidémies modernes" et responsable de la commission santé au
sein des Verts, a remarquablement dressé les enjeux de santé en France. Il a
aussi fait des propositions très concrètes de réformes possibles du système de
santé.
Alors que le gouvernement de Nicolas Sarkozy s'apprête à établir des franchises médicales, la droite confirme sa volonté de faire payer le déficit de la sécurité sociale par les assurés... A terme il s'agit bien évidemment de dérembourser les soins et d'encourager la création des assurances privées. André Cicolella insiste : la faillite du système de sécurité sociale n'est pas dûe à un problème économique mais à un problème sanitaire ! Le réel problème, ce sont les "épidémies chroniques". 2 exemples parmi bien d'autres: les maladies chroniques ont augmenté de 85% entre 1994 et 2004 et les cancers de 63% en 20 ans.
Dans ce contexte, il est clair que les soins coûtent de plus en plus chers et qu'il faut s'attaquer aux causes des maladies et ne pas en rester comme aujourd'hui à une politique quasiement exclusive de traitement des maladies. Comment? Par des politiques de préventions efficaces et par la reconquête d'une alimentation et d'un environnement de qualité.
Exemple: pourquoi pas envisager à l'approche de l'hiver, une campagne d'information publique sur les risques de gastro-entérites. Il suffirait de rappeler notamment aux enfants et aux parents que l'hygiène des mains est essentielle pour éviter d'être contaminé... Les gastro-entérites coûtent aujourd'hui une "fortune" au système de protection sociale mais ... garantissent de bons revenus au corps médical.
Autre exemple: pourquoi tolérer des publicités incitant les enfants à consommer des sucreries (sous différentes formes) alors qu'on sait très bien aujourd'hui que le surpoids va diminuer considérablement leur espérance de vie (diabète, maladies cardio-vasculaires, ...) ?
Le conférencier s'est exprimé aussi sur le classement des régions françaises en matière d'espérance de vie. La Bretagne a l'espérance de vie la plus faible avec la région Nord-Pas de Calais (76 ans seulement pour une moyenne de 80 ans !). Quelles en sont les causes? Officiellement le tabac et l'alcoolisme!.. En fait, le spécialiste n'a aucune explication à fournir puisqu'il n'y a pas d'étude qui puisse apporter une réponse argumentée, donc faute d'étude on reprend les vieux clichés qui rassurent (vu de Paris seulement): c'est la faute à l'alcool et au tabac... Pourtant, il faut savoir que les femmes en Bretagne sont 2 fois plus atteintes de pathologies respiratoire que dans d'autres régions françaises... Pourquoi ? Mystère le plus total. D'où l'idée de mettre sur pied des observatoires régionaux de la santé indépendants des lobbys industriels qui sont trop souvent "juge et partie" dans des affaires de santé publique puisque ce sont eux bien souvent qui commandent les études épidémiologiques. (tiens tiens ça me rappelle la même logique que le nucléaire...)
Il y a bien évidemment toutes les pollutions
(chimiques, électromagnétiques,...) qui ont de graves conséquences sur
notre santé et notamment sur la fertilité masculine. Bref, le fiasco sera
économique, sanitaire et évidemment social si nous n'envisageons pas
un autre système de santé (régionalisé!) que celui que nous prépare la
droite... Pour en savoir davantage, je vous invite fortement à lire ce petit
livre d'André Cicollela " le défi des épidémies modernes".
vous trouverez ci-dessous le lien vers l'article publié par ce monsieur dans libération (sur le site de Christian Delacroix)