Non, non, Sarkozy aime les Bretons...
Par JF Lugué le dimanche 26 août 2007, 23:19 - Lien permanent
[le télégramme 26-08-07]
C’est une histoire de dingue. Un livre de fou, d’abord. Celui de Yasmina Reza, qui, habituellement, écrit romans et pièces de théâtre. Cette fois-ci, elle a suivi Sarkozy pendant la présidentielle. De cette expérience, elle ramène un livre-pépite sur les coulisses de l’élection. Une collection de perles du candidat. Qui, parfois, s’ennuie à mourir. « Tu fais des dizaines de kilomètres de bagnole et à la fin, tu as un type qui te dit : Et la prime à la brebis ? » Le candidat se confie. Dans l’avion qui le ramène sur Paris : « J’aime Chimène Badi, à la folie ! » ou encore « Je vais vous faire sursauter. Je ne considère pas que Dick Rivers soit un naze. »
C’est une histoire de dingue. Un livre de fou, d’abord. Celui de Yasmina Reza, qui, habituellement, écrit romans et pièces de théâtre. Cette fois-ci, elle a suivi Sarkozy pendant la présidentielle. De cette expérience, elle ramène un livre-pépite sur les coulisses de l’élection. Une collection de perles du candidat. Qui, parfois, s’ennuie à mourir. « Tu fais des dizaines de kilomètres de bagnole et à la fin, tu as un type qui te dit : Et la prime à la brebis ? » Le candidat se confie. Dans l’avion qui le ramène sur Paris : « J’aime Chimène Badi, à la folie ! » ou encore « Je vais vous faire sursauter. Je ne considère pas que Dick Rivers soit un naze. »
Un candidat qui répète que Jodie Foster, dans Le Silence des agneaux qu’il
vient de voir, est « formidable ». « Formidable », comme le film. « Comme
l’écran large » de sa nouvelle télévision. C’est ça, l’intimité de Sarkozy.
Voilà l’homme. Celui que vous n’avez jamais lu dans la presse, ou vu à la télé.
Les journalistes, souvent accusés d’être à la botte du pouvoir, n’ont rien
rapporté, ou si peu. Yasmina Reza, elle, balance tout. On se retrouve à côté
d’un type qui pique des colères noires, qui traite ses proches et ses
adversaires de « trous du cul ». Ségolène Royal ? « Une pauvre conne. »
Pratiquement le même propos qu’avait tenu son ami Devedjian, à l’égard d’une
députée battue. Une caméra filmait. Il ne l’avait pas vue. Nicolas Sarkozy,
lui, savait que Yasmina Reza était à ses côtés. Il lui avait même donné sa
bénédiction. Ce n’était pas du off. Que retient-on au final ? Sarkozy qui serre
des mains, adresse des saluts à tout va, même quand il s’apprête à assister à
un enterrement... Et celui qui, en coulisses, dans l’intimité, est d’une
vacherie sans nom. L’homme politique et l’homme tout court. Celui qui est en
représentation et le vrai Nicolas Sarkozy, capable, comme tout un chacun, de «
péter un plomb ». Ceux qui détestaient le premier risquent d’aimer encore moins
celui dépeint par Yasmina Reza. « Nous craignons qu’il se foute vraiment de la
Bretagne, nous ont confié, hier, plusieurs personnes qui ont l’occasion de
l’approcher régulièrement. Lui passe ses vacances aux États-Unis, à
Saint-Tropez. La Bretagne, pour lui, c’est la pluie. C’est la région qui a voté
Ségolène... » Quel Sarkozy croire ? Celui qui rencontre, en mai, « dix connards
en train de regarder une carte (marine, Ndlr), dans un centre opérationnel
sinistre » ? Ou celui qui, il y a quelques jours, alors qu’on enterre Bernard
Jobard, assure que « les gens de mer font un travail formidable et risqué » ?
En donnant carte blanche à Yasmina Reza, Nicolas Sarkozy a accepté de se
révéler un peu plus. Toujours plus. Risqué ? Non, ça aussi, il s’en fout. Il
est président. « Je vais avoir un palais à Paris, un château à Rambouillet et
un fort à Brégançon. C’est la vie », déclarait-il, alors que les résultats du
second tour allaient être annoncés. Bien, pas bien. C’est égal. À Yasmina Reza,
il confiait : « Même si vous me démolissez, vous me grandirez. » Une histoire
de dingue. Hier soir, le téléphone sonne à la rédaction. C’est l’Élysée. «
Nicolas Sarkozy n’a jamais tenu ces propos. Il aime la Bretagne et il apprécie
les Bretons. » Qui croyez-vous ? Hervé Chambonnière