Dioxine à Redon : doutes sur la piste Knauf
Par JF Lugué le samedi 15 septembre 2007, 23:33 - Lien permanent
[OF samedi 15 septembre 2007, pages Bretagne]
La contamination à la dioxine du lait de 79 exploitations continue de déchaîner colère et inquiétude dans le pays de Redon. En pleine période d'élection cantonale, les politiques s'en mêlent, chacun menant son enquête.
Hier, lors d'une réunion de soutien au candidat Verts à Bains-sur-Oust, Jean-François Lugué, responsable de l'Union démocratique bretonne et vice-président du conseil de développement du Pays, a souligné que « le seuil d'acceptabilité du corps humain en dioxine est de 1 pictogramme par kilo et par jour, soit le millionième du millionième de kilogramme ! C'est dire combien elles sont toxiques. » Pas de panique cependant : « D'après nos informations, la contamination serait de l'ordre du gramme de dioxine sur tout le territoire. Les risques sanitaires sont limités. »
Ce professeur de chimie « doute » également de la piste de l'incendie de l'usine de polystyrène Knauf, en juin 2006, qui jusqu'ici avait alors été privilégiée comme source de contamination. Selon lui, « les scientifiques ne parviennent pas à cerner le profil des dioxines émises. Toutes les pistes sont encore possibles : feux de bois traité, pesticides... » Il n'exclut pas non plus « une cause externe. Par exemple une pollution provoquée à plusieurs centaines, voire milliers de kilomètres. »
De son côté, le sous-préfet de Redon, Philippe Malizard confirme la fragilité de la piste Knauf. « Ça arrangerait l'État d'avoir un pollueur, car il trouverait un payeur, affirme-t-il franchement. Mais nous n'avons aucune preuve. »
Il justifie son silence vis-à-vis des représentants du canton « en raison de l'élection cantonale partielle qui s'approche. Je suis soumis au devoir de réserve. » Il renvoie vers la préfecture de Nantes, « qui gère ce dossier pour des soucis de coordination, la majorité des exploitations touchées se trouvant en Loire-Atlantique. »
À la préfecture de Nantes, on se refusait vendredi soir à tout commentaire.
Yann-Armel HUET.