D'après le sous-préfet de Redon : la piste Knauff pas écartée !
Par JF Lugué le vendredi 19 octobre 2007, 15:17 - Lien permanent
[ Ouest-France Pays de Redon 19-10-07]
Après la manifestation de mercredi, pendant laquelle 400 agriculteurs ont bloqué le centre-ville pour réclamer de l'aide pour leurs exploitations touchées par la dioxine, le sous-préfet, Philippe Malizard, s'exprime.Après la manifestation de mercredi (lire Ouest-France d'hier), il est temps de faire un premier point sur le dossier « dioxine ». Où en est-on concernant un éventuel coupable ?
La piste Knauff n'est pas abandonnée, car la date de l'incendie de l'usine de Redon, le 13 juin 2006, est un élément troublant. Des prélèvements ont été faits sur les sols autour de Knauff, ainsi que sur des aiguilles de pin, car la résine fixe la pollution. Nous attendons les résultats. Reste que même si c'est Knauff, ça n'expliquera pas tout. On ne comprend pas pourquoi cette concentration d'exploitations contaminées autour de Guémené-Penfao.
C'est comme si une bulle était montée au-dessus de Redon pour se déposer à Guéméné. On est donc obligé de chercher ailleurs. Quelles sont les autres sources ? On s'intéresse à des vergers brûlés du côté de Guéméné. On se demande aussi si la combustion de champs de blé traité pourrait être en cause.
Évidemment, si on parle de ça, ça énerve les agriculteurs, car on montrerait alors qu'il y a plusieurs sources, dont certaines issues du monde agricole. Les agriculteurs trouvent aussi qu'on a dépensé beaucoup d'argent en analyses. L'État a prévu au moins 500 000 €. Mais la recherche de la contamination par dioxine coûte très cher. Dans tous les cas, on continue notre enquête, car il est important de trouver le ou les pollueurs et d'éviter des crises semblables dans l'avenir.
Il y a eu beaucoup de silence depuis le déclenchement de l'affaire. Où en est-on concernant le risque de santé publique ?
On a surtout trouvé des concentrations de dioxine sur le maïs, car c'est une plante qui stocke beaucoup de poussières et qui n'est pas lavée avant d'alimenter les bêtes. Maintenant, concernant les potagers, on n'a jamais dit qu'il n'y avait pas de risque que les fruits et légumes récoltés cet été-là n'avaient pas été contaminés. La Direction départementale des affaires sanitaires nous a garanti que, puisqu'ils étaient lavés, ils n'étaient pas toxiques. Si quelqu'un avait ingéré des poussières pendant cette période, il ne serait donc pas en danger. Nous sommes très sereins face aux risques sanitaires. Ça nous coûte d'ailleurs cher, on l'a vumercredi : les éleveurs ne comprennent pas qu'on leur impose des règles sanitaires si dures. On a appliqué un principe de précaution drastique : le seuil de trois picogrammes de dioxine par gramme de graisse, pour autoriser la vente, est 1000 fois inférieur à un taux qui pourrait créer des risques sanitaires pour l'être humain à condition d'en manger tous les jours pendant 10 ans.
Vous avez annoncé mercredi que l'État indemniserait les agriculteurs à hauteur de 1,5 million d'euros...
Ces 1,5 M€ sont conditionnés à ce que la filière lait et viande participe à hauteur équivalente et que les collectivités locales s'engagent également. Ce montant a été calculé sur une estimation d'un préjudice global de 5,3 M€. Il sera tenu. Mais l'estimation financière sera revue à la baisse. Car elle avait été faite sur la base d'une durée de trois mois de séquestre. Or, pour beaucoup d'éleveurs, elle s'est arrêtée plus tôt. Côté lait, 90 élevages avaient été recensés au plus fort de la crise. 51 d'entre eux sont revenus à un taux normal. Côté viande, depuis mercredi, on est autorisé à faire des prélèvements sur des animaux vivants. Les services vétérinaires vont donc pouvoir aller prélever dans chaque exploitation la semaine prochaine et on pourra dire rapidement aux éleveurs si leurs troupeaux sont sains. S'ils le sont, alors ils pourront délivrer leurs bêtes des séquestres et les envoyer à l'abattage dans la filière normale. S'ils ne le sont pas, ça sera l'euthanasie, pratiquement au même prix. La question, c'est quand seront-ils payés ? Car ils veulent l'argent le plus rapidement possible. Je les comprends.
Les jardins de la sous-préfecture, dans lequel les manifestants ont déversé du maïs, ont-ils été nettoyés ?
Absolument. Il ne reste plus rien de l'ensilage déversé. J'ai eu confirmation que ce maïs était contaminé à la dioxine et donc le traitement doit être approprié. J'ai écrit au maire de Redon pour lui indiquer une entreprise qui peut s'en charger. Ensuite la municipalité se tournera vers moi, de façon à ne pas faire porter à la seule ville de Redon le coût de cette destruction.
Propos recueillis par Yann-Armel HUET.
Commentaires
Merci Monsieur Lugué de ces informations,
Vous pourriez aussi vous renseigner auprès de la pépinière expérimentale de Guémené Penfao, connue sous le terme plus pompeux de conservatoire de la biodiversité.
On entend parler de végétaux qui auraient reçu un traitement inadapté et qui auraient ensuite été brûlés...
Vous conaissez sans doute bien le directeur, il serait bon qu'il s'inquiète du manque de maitrise de ses agents dans la manipulation des pesticides.
Par avance, merci de votre réponse.
"Médisez, médisez il en restera toujours quelque chose" Beaumarchais.
Je vais trop peu souvent sur le Blog de JFL , c'est un tort. J'ai appris que j'y avais les honneurs d'un commentaire. J'y reponds sur e fond et pour faire vivre la démocratie directe
Depuis le début de l'affaire de la pollution à la dioxine, l'absence de source identifiée suscite des interrogations légitimes et génère des angoisses. Faute de reponse, l'homme est fait ainsi qu'il a tendance à en inventer. je crois que celà s'apelle une rumeur.
Concernant Yoann David , mal informé ou médisant , peu importe son interpellation mérite quelques précisions :
Le Conservatoire National de la biodiversité Forestière est une structure d'Etat en tant que Directeur j'ai le devoir et je me fais honeeur de rendre compte de ce qui s'y passe à tous les citoyens.
Lorsque nous avons, car je fais partie de ceux qui cherchent, envisagé toutes les causes possibles de source de dioxine, les brulages de bois contaminés ont fait partie des pistes possibles , eventuellemente même les brulâge de bois naturels sains.
l est important d'envisager toutes les hypothèse même les plus saugrenues ne cserait ce que pour réduire ensuite le champ des investigations
Un rapide calcul montre que les bois naturels si ils gènèrent comme toute combustion des traces de dioxines ; c'est dans des quantitié infinitésilales par rapport aux retombées dont on recherche la cause sur le Pays de Redon.
Ces caculs ont permis d'élinimer rapidement l'hypothèses des feux de forêts de l'été 2006.
Concernant Guémené ( disons le CNBF si vous le voulez bien ) en avril 2006 , nous avons exploité quelques dizaines des pins et des Douglas qui étaient à maturité. Ces arbres ont poussé das le szones non cultivées du domaine.
Les troncs ont été récoltés par une entreprise de Plessé. Cependant une partie de la récolte à été gardée et a été valorisée en sciages par la scierie mobile de Pascal Brétaché de Blain lors des démonstration de la journée de "fermes en fermes" du CIVAM.
Un autre partie des petits bois a été transformée en copeaux pour alimenter les chaudières à bois des agriculteurs voisins
Comme toute exploitation forestière, la coupe génère des branchages non exploitables, au total il a été brulé une vingtaine de m3 de branchage 1/3 début avril 2006 et les 2/3 restant au cours de l'hiver 2006 -2007.
Concernant les pesticides , le Conservatoire n'utilise quasiment plus aucun pesticides depuis cinq ans. les branchages brulés concernaient des arbres forestiers hors parcelle de culture qui n'avaient jamais recu de traitement depuis leur plantation en 1970.
Il n'y a aucun stock de pesticides sur le Conservatoire. Des analyses de sols et de végétation ont été recemment fait sur le Conservatoire dans le but de mieux comprendre les mécanismes généraux de la pollution. les taux de dioxine trouvés dans le sol et sur les arbres sont très inférieurs à la moyenne nationale.
Les centaines de personnes qui ont visité le Conservatoire depuis deux ans l'ont fait en toute liberté. c'est notre meilleure référence.
Au final , je m'interroge quand même un sur cette curieuse tendance à accuser les pompiers quand il y a un incendie et les médecins quand il y a une épidémie .
HERVE LE BOULER
Merci M. Le Bouler d'avoir répondu à mon commentaire qui contenait, je dois le reconnaitre, une pointe de provocation.
Je suis rassuré sur vos pratiques et sur cette rumeur.
Il n'y a aucun doute sur le fait que nous aurons occasion d'en discuter plus longuement.
Une région qu'il faut protéger pour les génération futures. Un passé déjà lourd avec la Décharge de Plessé, l'affaire des dioxines et maintenant un projet d'enfouissement pour les broyas de de VHU, un produit qui peut être toxique...il y a d'autres solutions qui revaloriseraient ce déchets que le mise en nappe phéatique. www.recyclermavoiture.fr/vhu/ des infos de l'Adème
ou consulter www.terresacree.com Je lutte depuis 2O ans contre les contructions sur la décharge des Floralies de Guérande/la Baule, actuellement un chantier de construction d'une maison de retraite......