Grenelle de l'environnement, quelques idées personelles...
Par JF Lugué le mardi 13 novembre 2007, 22:15 - Lien permanent
A la demande du journaliste de Infos - Jacques Faucheux, voici quelques unes de mes réflexions sur le Grenelle de l'environnement (publiées dans les Infos du pays de Redon du 7-11-07).
"Le Grenelle de l’environnement
est à mon avis un événement très contrasté. Parmi les points positifs, je
retiens l’idée de débats contradictoires qui ont réunis des personnes qui ne se
parlaient pas. D’autre part, cette initiative est le signe d’une
conscientisation généralisée de l’urgence écologique, quelle que soit la
sensibilité politique. Les tenants de la société de consommation, qui
souhaitent toujours plus de croissance commencent à se rendre compte de la
finitude de notre planète et de ces ressources et par voie de conséquence de
l’absurdité du dogme de la croissance.
Je note aussi une perspective intéressante avancée par JL Borloo : la réalité des prix des produits de consommation qui intègreront le coût environnemental par une fiscalité différenciée.
Toutefois, les chemins qui nous mènent à un véritable développement durable respectueux des hommes, des cultures, et des richesses naturelles semblent encore bien éloignés. Parmi les grosses déceptions, malheureusement attendues : celle de l’échec de la réflexion sur l’énergie nucléaire. Le gouvernement de M.Sarkozy avait déjà posé un préalable de taille : la non remise en cause du décret sous le gouvernement Villepin , 16 jours avant les élections présidentielles de la construction d’un réacteur EPR… Pourtant des économistes de réputation comme Benjamin Dessus, estiment que ce type de réacteur est un non-sens d’un point de vue énergétique et économique. D’autre part, beaucoup dont je suis, ont déploré juste avant le Grenelle, l’accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi (lors de la libération des otages bulgares). Comment le « réseau sortir du nucléaire » regroupant plus de 700 associations pouvait-il dans ce contexte participer à cette concertation qui virait à la pantalonnade ?
Pour finir, je reprendrai à mon compte l’idée que écologie et centralisme français ne riment pas ensemble. Tant que le gouvernement ne transferera pas aux régions des compétences (comme celle de l’eau et des subventions agricoles en région Bretagne), l’Etat restera sous influence des lobbys (du lobby agro-industriel notamment). Les régions sont des territoires pertinents pour organiser un véritable développement durable. Il faudra, je le crains bien d’autres « Grenelle » pour que les choses évoluent sensiblement."
JF Lugué