Peak oil, c'est pour demain ?
Par JF Lugué le samedi 17 novembre 2007, 23:38 - Lien permanent
A la moindre augmentation du prix du
baril, notre économie tousse et les indicateurs économiques s'affolent.
Manifestations des pêcheurs (au chalut), inquiétude des routiers, des
producteurs de légumes sous serre, etc ... Pourtant, dans les média, les
discours sont plutôt rassurants : ce n'est pas l'offre qui fait défaut mais
c'est seulement un peu de spéculation sur les stocks de pétrole, qui explique
la hausse... Nicolas Sarkozy promet des baisses de taxes sur le gazoil aux
pêcheurs. Ouf, on est soulagé... Les chalutiers vont pouvoir de nouveau racler
les grands fonds marins sur de plus grandes distances, à moindre frais de
pétrole... pour au moins les quelques mois à venir.
Mais, la menace est toujours là, toujours un peu plus inquiétante, elle se nomme : "peak oil" (pic de pétrole en bon françois). L'humanité a extrait aujourd'hui environ la moitié du pétrole accessible sur la Terre, à des tarifs acceptables. Déjà les puits terrestre ont des volumes de production en chute, de manière irréversible!
Je vous laisse agrandir le schéma ci-contre publié dans l'Atlas de l'environnement du monde diplomatique (et dont la source originale est le Statistical review of World Energy 2007). Si ce pronostic s'avère exact alors chers amis, on peu dire que l'augmentation que nous connaissons aujourd'hui sur le pétrole n'est que broutille face à ce qui nous attend demain ( 2010 ou même 2015 pour les plus optimistes)... Comment faire face à un tel défi ? Pour ma part, j'aurai plutôt tendance à penser qu'il s'agit sans doute d'une chance pour l'humanité, à condition d'anticiper ce qui risque très bientôt de se passer.
J'ai interrogé voici 2 ans et demi, l'économiste Benjamin Dessus lors de son passage à Rennes, il est spécialiste des questions énergétiques. Faut-il considérer le peak oil comme une menace grave pour l'humanité ou comme une chance à saisir ? D'après lui, il faut espérer que le pic de pétrole soit effectif avant que le réchauffement climatique ne soit trop avancé... Question de survie pour une grande partie de l'humanité qui va se retrouver "réfugié climatique"...
Mais alors , quel mal sera le moindre mal? Subir les conséquences (économiques & sociales) du peak oil ou les conséquences environnementales, sociales, économiques et culturelles du réchauffement climatique?
Pas facile de connaître exactement les conséquences de l'un ou de l'autre mais pas besoin d'être fin spécialiste pour savoir que l'humanité a toujours plus de chance de s'en sortir dans une nature accueillante que dans un environnement hostile ou en profonde mutation (imaginons 2 secondes les scénarios catastrophe décrits pas Al Gore ou d'autres).
Le peak oil sera peut-être salvateur mais il risque de générer de grandes tensions sociales de par le monde, si nous ne nous y préparons pas dès aujourd'hui...
Comment imaginer construire des aéroports aujourd'hui avec une telle menace ?
Comment aujourd'hui émettre l'idée d'autoriser de rouler à 130 km/h sur les 4 voies en Bretagne ?
Comment tolérer la présence d'engins polluants (notamment 4*4) sur la route?
Peak oil et réchauffement climatique mettent le "feu dans la maison" et nous regardons encore ailleurs.Pour combien de temps?
Commentaires
Ce sera aussi la fin de la mondialisation, et la fin de l'exploitation des pays en voie de développement par les occidentaux.
Beaucoup de bruit, beaucoup d'inquiétudes...
En fait, le peak oil passera probablement inaperçu...
Vous ne le croyez pas ?
lisez cet article :
http://pierreernest.noosblog.fr/La_...
pour ceux que ca intéresses j'ai fait une étude la dessus
voir document "Le déclin de la production pétrolière peut-il entraîner la fin de la mondialisation ?" sur oboulo.com