Résistance et conscience bretonne, un livre évènement!
Par JF Lugué le dimanche 9 décembre 2007, 22:40 - Lien permanent
Voici un livre
important que vient de publier Jean-Jacques Monnier. Alors que des polémistes
professionnels, comme Françoise Morvan et rejoints par le sénateur PS jacobin
Mélanchon, propagent toujours l’idée que mouvement breton rime avec fascisme
rampant, le livre "résistance et conscience bretonne" rétablit enfin
une certaine vérité historique sur cette page trouble de notre histoire. Jean
Jacques Monnier a collecté près de 150 témoignages de résistants, tous plus ou
moins liés au mouvement breton. S’il est incontestable qu’un certain nombre de
militants bretons ont ouvertement collaboré pendant la guerre et même commis
certaines exactions (Bezenn Perrot), il était complètement fallacieux de
prétendre que ce mouvement se résumait à cela.
Un des intérêts du livre à mon avis est de laisser parler les acteurs de cette époque. Nous sommes donc très loin du procédé utilisé par certains dont Françoise Morvan, qui consiste à extraire des faits historiques de leur contexte et de les rassembler pour en faire « l’histoire » dont les les militants bretons sont bien évidemment parés du vice suprême: celle de l’attitude intrinsèquement fasciste.
Non, dans ce livre préfacé par l’historienne Mona Ouzouf (svp), Jean-Jacques Monnier nous apprend que pendant la dernière guerre la frontière des idéologies politiques étaient très perméables (rappellons nous l’itinéraire plus que cahotique de F Mitterand !..). Rappellons que les intellectuels de Paris et d’ailleurs étaient tous plus ou moins antisémites en 39... Au petit jeu de la condamnation à postériori des acteurs de l’époque, il ne devait pas rester grand monde de complètement vierge ... Ah si ! Au moins un que j’ai eu la chance de rencontrer voici 20 ans : Jacques de Bollardière. Compagnon de la libération, Jacques de Bollardière est l’officier français qui cumulera le plus de distinctions au sortir de la guerre. Mais c’est par son attitude lors de la guerre d’Algérie (il condamne la torture en tant que général) qu’il est rentré désormais dans les livres d’histoire. Quel rapport me direz vous avec le livre ? Eh bien Jacques de Bollardière a lui seul démontre que des bretons conscients de leur identité ont été aussi prompts et déterminés que les autres pour se lever contre la peste brune.
D’autres figures historiques du pays de Redon sont aussi dépeintes dans ce livre comme l’un des artisans des « seizh breur » : Gaston Sébilleau (« l’exception qui confirme la règle » selon Françoise Morvan...).
Il est aussi question dans le livre du réseau de résistance (groupe Liberté) de Saint-Nazaire et de Plessé.
Bref, espérons que JJ Monnier vienne sans trop tarder en Pays de Redon pour parler de ses travaux.
Commentaires
cela nous changera aussi des jugements à l'emporte pièce d'un journaliste d'un hebdo local, paru il y a quelques années, sur les mouvements bretons actuels, rapprochés du bezenn perrot et du courant pro allemand d'une partie des nationalistes bretons du PNB...
facile aussi de salir la mémoire du photographe Le Part, dont l'assassinat politique par un résistant d'ailleurs n'était pas approuvé par les résistants locaux. Comme l'a déploré un chef résistant: dans ces moments troubles, on tue d'abord, on juge après...un prochedeFFI ffiFFI§
aprèsaprèsensuite...
l'ouvrage présente ou recense près de 300 noms, soit 4 à 5 fois plus que l'effectif maximum du bezenn perrot...l'ouvrage montre la diversité des engagements, des trajectoires et travaille sur la bas des mouvements bretons et non sur les seuls officiels du haut, tolérés durant l'occupation...l'antifascisme de certains mouvements bretons a commencé bien avant guerre,...l'histoire montre qu'il n'y a pas de fatalité pro allemande ou autre, pas d'enfermements des militants et des causes bretonnes dans des cases pré destinées et cataloguées,...rappelons aussi que l'antisémitsime n'était malheursement pas qu(à Vichy, il a eu ses manifestations chez le ssovietiques et avait ses sympathisants ex dreyfusard
http://www.agencebretagnepresse.com...
www.presseocean.fr/.../re/histoire_nantes_detail/actu_12994-471765-----_actu.html
www.ouest-france.fr/Resistance-l-hermine-contre-la-croix-gammee/re/actu_B/actu_8619-470012-----_actu.html
www.nantes.maville.com/L-hermine-(bretonne)-contre-la-croix-gammee/re/actudet/actu_dep-470479-----_actu.html
J'ai lu votre livre "résistance et conscience bretonne" avec beaucoup d'intérêt, j'ai toutefois été étonné de ne pas voir cité le recteur LEC'HVIEN. (Pierre Marie Lec'hvien) recteur de Quemper Guézennec, assassiné en août 1944 par la résistance.
Faisait-il parti du PNB ?
était-il pro allemand. 2 motifs invoqués pour justifier cet assassinat?
Le livre est centré sur les résistants. la cas de l'abbé Lec'hvien, qui, à ma connaissance, ne l'était pas, n'entrait donc pas dans le sujet (il fallait bien le délimiter pour tenir en 400 pages). Il a été assassiné par des résistants (???) mais la Résistance n'a pas revendiqué l'acte. Personne n'a prétendu qu'il avait été assassiné en raison d'actes de collaboration ou de délation. Certains lui auraient reproché une homélie où il n'encourageait pas les jeunes à rejoindre le maquis alors qu'il y avait des travaux agricoles à achever.
Il fait partie des victimes nombreuses d'une période terrible où les responsables étaient loin de tout contrôler. Les atrocités nazies, qui se sont multipliées juste avant la Libération, ont contribué à ces déchainements de haines et de violences.