OGM, Knauf et dioxines en 2007... espérons que 2008 sera meilleur pour le pays de Redon!
Par JF Lugué le mardi 8 janvier 2008, 22:36 - Lien permanent
Sur le plan environnemental, le pays de
Redon aura été en 2007 particulièrement servi...
L'annonce au début de l'été d'un champ d'OGM dans le canton de Redon aura semé la consternation, notamment chez tous ceux qui ne font pas confiance aux apprentis sorciers d'aujourd'hui. La mobilisation pour identifier le champ d'OGM aura été bonne mais l'entreprise n'aura pas été concluante, hélas. C'était un peu comme rechercher une aiguille dans une botte de foin (cliquer sur image pour accéder à l'article de OF-dimanche du 6 janvier).
Dans les mêmes moments l'Etat révélait aussi en Pays de Redon la présence de dioxines... Tous les regards se sont tournés vers l'usine Knauf de Redon qui brulait un an auparavant, sans confirmation des analyses de l'Etat. Près de 150 agriculteurs du Pays touchés par les retombées toxiques. Lait et viandes impropres à la consommation, les agriculteurs par la voix de leurs syndicats décidaient de discuter directement avec l'Etat. Citoyens, journalistes, élus du Pays étaient tenus à l'écart des négociations... Au bilan : des agriculteurs indemnisés, une crise agricole étouffée mais une perte de confiance dans l'agriculture conventionelle renforcée et le sentiment d'un Etat qui peine de plus en plus à garantir son indépendance vis à vis des lobbys (agricole en l'occurence).
Enfin, l'implantation de l'usine Knauf qui aura mobilisé beaucoup l'association Valaff de Cournon. Encore l'illustration que les atteintes à l'environnement riment avec déni démocratique: implantation sans concertation dans un site écologique sensible; contournement de la loi pour une augmentation de la production; chantage à l'emploi; .... Rendez-vous d'ici peu pour le jugement du tribunal administratif après les très nombreuses contributions citoyennes à l'enquête d'utilité publique. Espoir évidemment mais crainte d'une nouvelle déconvenue.
Bref, la conscience écologique progresse dans l'opinion publique mais
renverser la vapeur de la machine infernale sera certainement plus laborieux
qu'on ne pouvait à priori le penser. Les rouages du système économique actuel
semblent trop bien huilés.
Pour ma part, je souhaite que toutes les personnes du Pays concernées ou
indignées par ces problèmes décident en 2008 de modifier certains de leurs
comportements (alimentation bio, isolation en matériaux naturels, compostage
des déchets, ...).
N'aurions nous pas dans ce cas les prémices d'une société qui arrêterait de
s'intoxiquer ?
D'autre part , qui a entendu les responsables politiques du Pays taper du point sur la table pour dire que ce qu'avait vécu le Pays de Redon était intolérable? La conscience collective doit elle aussi être "travaillée". Une collectivité digne est une collectivité ou ses représentants s'affirment sans se laisser gagner par le consensus mou, véritable poison de la démocratie.
Espérons qu'en 2008 le renouvellement des équipes municipales permettra au Pays de Redon de retrouver une certaine vitalité politique!
Commentaires
"Au bilan : des agriculteurs indemnisés, une crise agricole étouffée mais une perte de confiance dans l'agriculture conventionelle renforcée... "
Monsieur Lugué, je trouve votre bilan très simpliste !
1) Les agriculeturs ont été indemnisés de quoi ? de la totalité du préjudice subi ?
2) Quel rapport entre l'agriculture conventionnelle et la pollution par la dioxine ? Il s'agirait donc d'une pollution très intelligente capable de choisir les parcelles qu'elle allait contaminer ?
Pour conclure je vous souhaite une bonne année 2008, et j'espère que cette année vous comprendrez qu'il serait bon d'avoir une vision un peu moins simpliste de l'actualité du pays de Redon.
Je tenais tout de même à vous remercier de laisser les gens s'exprimer.
en réponse à vos 2 questions
1) mes informations concernant les indemnisations se limitent à ce que j'ai vu dans la presse : 5 millions d'euros d'indemnisations pour les agriculteurs. Certains disent que c'est trop peu, je n'en sais pas plus car je n'ai pas été dans le secret des négociations entre l'Etat et les agriculteurs. J'ai du mal à comprendre que vous puissiez dire d'un côté: "on négocie en directe avec l'Etat le préjudice subit (sans que l'affaire éclate au grand jour pour ne pas effrayer les consommateurs) et aujourd'hui vous retourner vers les citoyens et les collectivités pour dire que vous n'avez pas eu ce que vous espériez de la part de l'Etat. C'est vous qui avez choisi votre stratégie... non?
2) C'est la gestion du problème de dioxine qui m'a indigné, vous l'aurez sans doute compris. Le corporatisme agricole a joué à plein face à ce problème alors qu'il s'agissait d'un problème de société justement! Ce corporatisme a empêché que l'ensemble de la société soit solidaire de ses agriculteurs. Elle l'aurait été certainement beaucoup plus si nous avions une agriculture paysanne non productiviste. Il serait bon que vous, agriculteurs bretons d'aujourd'hui esseyiez de répondre à une seule question : pourquoi n'avons nous pas été soutenu par la population?
D'autre part, les agriculteurs bio auraient pu être aussi touchés que les autres par la dioxine évidemment. Chance pour eux semble-t-il, les vaches nourries à l'herbe ont été peu voire pas contaminées. A la différence des "conventionnels", les circuits de ces agriculteurs bio sont plus courts que les autres et l'information est passée ...
C'est pourquoi j'ai parlé de perte de confiance, non dans les hommes qui sont tous respectables mais dans un système agricole qui fonce tout droit dans une impasse économique, écologique et sociale.
Bonjour,
L'indemnisation a pris en charge :
1) les analyses pour rechercher la présence de dioxine, on nous a presque dit "estimez vous heureux, on ne vous demande pas de payer les analyses".
2) En production laitière, il s'agit pour l'instant d'une avance des laiteries et non d'une indemnisation.
3) En viande bovine, nous ne couvrons pour l'instant pas le prix d'achat.
Concernant le soutien des citoyens aux agriculteurs, la première chose que j'ai vue ce sont des citoyens qui profitaient de cet évènement pour appuyer leurs revendications face à l'extension de l'usine Knauff ; d'autres qui par peur arrêtaient de s'approvisionner en circuit court comme vous dites, et vous appelez ça du soutien ? Vous comprendrez que l'envie n'est pas grande de faire part de nos problèmes à des gens convaincus de détenir LA Vérité.
Renseignez vous auprès de producteurs biologiques pour savoir pourquoi ils n'étaient pas touchés en même temps que les "productivistes" comme vous les appelez. Je n'en dirai pas plus, ils m'en voudraient de dire des vérités...