Les dioxines ou "ambiance kafkaïenne au pays du marron" ...
Par JF Lugué le mardi 15 janvier 2008, 21:16 - Lien permanent
Vous trouverez ci-dessous la réaction d'un militant associatif de
Nature-Avenir (Guémené-Penfao) qui a cherché à joindre des responsables de
structures publiques (représentant l'Etat) pour le problème des dioxines.
Personne finalement au bout du fil. Ca me rappelle étrangement l'atmosphère
angoissante d'un certain....Kafka. Inquiétant.
Je suis militant d'une association locale de défense de l'environnement,
NATURE-AVENIR, et, au mois de septembre 2007, nous avons interrogé par courrier
la préfecture de Loire-Atlantique sur les origines possibles et surtout sur les
éventuelles précautions à prendre face à ce type de pollution. Aucune réponse
ne nous parvenant, NATURE-AVENIR a décidé d'organiser une conférence sur la
dioxine, et d'inviter le Dr Lesné du CNRS. Il nous paraissait important dans un
premier temps de nous informer et d'informer la population sur ce qu'étaient
les dioxines et pourquoi des normes aussi strictes existaient pour ce produit.
De fortes pressions ont été exercées sur l'association pour que cette soirée ne
puissent se dérouler. Cette pression ne venait pas de l'administration mais
d'une partie des agriculteurs concernés redoutant d'être une fois encore
montrés du doigt dans une affaire de pollution. Cette conférence s'est
finalement tenue dans une ambiance sereine et la présence de 250
personnes a montré combien l'attente de la population était grande.
Face au silence persistant de l'administration,
j'ai décidé de contacter les services de l'Etat. Ne sachant pas à qui
m'adresser j'ai appelé la DIREN (Direction Régionale de l'Environnement)
puisqu'elle s'occupe d'environnement, là on m'a dirigé vers la DRIRE (Direction
Régionale Industrie Recherche Environnement) qui s'occupe également
d'environnement. Et là, on m'a conseillé de m'adresser au bureau environnement
de la préfecture de Nantes qui m'a mis en contact avec la DDASS ou personne ne
semblait être au courrant de cette pollution. Ils m'ont donc suggéré de
m'adresser à la DSV (Direction des Services Vétérinaires) ou effectivement on
était au courrant de ce problème de dioxine mais la personne chargée de la
communication sur cette affaire étant absente, on me promit qu'elle me
rappelerait sans faute dès son retour Nous étions le lundi 17 décembre, depuis
personne ne m'a rappelé...
Le silence qui a prévalu depuis le printemps 2007, continue
d'être la seule réponse donnée à la population. Une partie du monde
agricole, l'administration, mais aussi beaucoup d' élus locaux continuent
donc de penser que les habitants du Pays de Redon et Guémené ne peuvent
être considérés comme des citoyens normaux, adultes, mais doivent être
considérés, d'abord, comme des acteurs économiques, des consommateurs qu'ils ne
faudrait surtout pas effrayer. Les stratégies de communication remplaçant le
droit normal à l'information.
Laurent David