Et l'on voudrait, du moins tous nos énarques, tous nos « grands dirigeants » voudraient, que l'on se goinfre encore plus !!!. Pourquoi ?... pour gagner ?, mais pour gagner quoi ? Nul ne le sait...

On attend encore le grand homme politique capable du courage et de la dignité minimale pour enfin poser la question.

Quel homme cherchons-nous à développer au-delà de la réussite économique ? Cette croissance qui ne pense qu'à gonfler la panse du citoyen a-t-elle encore une légitimité ?

Ce besoin de toujours voyager plus, loin, plus vite, de se dépayser, ne signifie-t-il pas que nous sommes de plus en plus mal dans notre peau -et incapable d'habiter notre pays ?

D'ailleurs, bientôt, il n'y aura même plus de quoi faire une promenade chez nous tellement l'agrochimie aveugle nous ratiboise le bocage et dégrade tous les jours un peu plus la biodiversité, pourtant notre capital de base, notre capital vital.

La nécessité impérieuse de construire un nouvel aéroport à Notre-Dames-des-Landes est dans la droite ligne de ce développement économique cancéreux ( une croissance plus une croissance, cela ne vous fait jamais qu'une excroissance...) et du manque total d'imagination et de perception subtile de nos décideurs. Aucun ne voit qu'à l'évidence le temps de la croissance purement extérieure est désormais périmée, et qu'il est plus que temps d'opérer un retournement vers l'intérieur de cette croissance.

Une plante, lorsqu'elle s'est bien développée dans l'espace au moment de la floraison, transforme l'amidon en sucre puis retourne sa croissance vers la formation du fruit. C'est là la loi de tout le cosmos: la croissance physique accomplie, toutes les énergies convergent vers l'intérieur, vers la qualité des substances élaborées.

Economiquement parlant, il nous faut dégager une « valeur d'art ajoutée » à chaque production, qui est la marque propre de l'investissement humain; pas seulement celui de la machine. C'est le sens qui compte et le progrès de la croissance humaine.

Ne vivent sur terre que la plante, l'animal et l'homme. Le reste ne vit pas . Nous sommes là; il serait temps de s'en soucier pour épanouir les plantes, élever les animaux ( dans tous les sens du terme, mais nous les fourgons en camp de concentration...la honte !!!) et construire un être humain conscient et libre.

Le véritable Progrès est celui qui fait converger les techniques (encore faut-il choisir les bonnes) vers cet être humain  harmonisé. Mais qui se préoccupe de définir les besoins profonds de la nature humaine ?

Pas ceux en tous cas qui nous poussent comme moutons de Panurge dans les corridors sans issus de l'excitation primaire, puis de la désillusion, et donc de l'agressivité et de la nervosité généralisée.

Le responsable politique courageux sera celui qui osera expliquer qu'il vaut mieux accepter de vivre un peu « moins grassement » pour retrouver notre richesse imaginative et notre dignité humaine; qu'il s'agit de travailler mieux pour vivre plus...;

Le plus navrant dans cette histoire de Notre-Dame-desLandes, c'est que cette terre est restée un bocage vivant, bien plus agréable à vivre que dans la plupart des endroits en Bretagne où le paysage a été sérieusement délabré, et que c'est d'un cadre paysan comme celui-là que pourrait naître la civilisation que réclame l'humanité de demain.