Dioxines, le dossier refait surface...
Par JF Lugué le mercredi 9 avril 2008, 22:14 - Lien permanent
C'est le conseil général de Loire-Atlantique qui s'inquiète du
dossier. Chargé de mettre la main à la poche, il pense se constituer "partie
civile" pour un éventuel procès. Problème : ni l'Etat, ni les agriculteurs
touchés ne portent plainte!... Des conseillers généraux s'inquiètent du manque
du transparence de l'Etat sur ce dossier. Espérons qu'ils se feront entendre.
Rêvons que les élus du Pays de Redon se joignent à ce concert de
doléances...
J'ai reçu aujourd'hui un compte-rendu très instructif du CODERST (anciennement CDH) qui relate les intervention des services de l'Etat (DRIRE et DSV) sur une réunion traitant du problème en Morbihan seulement! Alors que c'est sur la partie Loire-Atlantique que s'est essentiellement concentrée la pollution...
Préfecture du MORBIHAN - CODERST DU 8 AVRIL 2008 ---
Compte – rendu sur
les Dioxines détectées à REDON
en 2007
Intervention ce jour
de Mme LE VOUCHER de la DSV 56 et de Mr ROUYER de la DRIRE
Rennes
De la commune d'Allaire dans le Morbihan jusqu'à la commune de
Guéméné-Penfao en Loire Atlantique, en passant par Redon : soit 50 km de
long sur 10 de large, avec 2 secteurs plus denses, l'un autour de Guéméné et
l'autre au nord- est de Redon.
ALERTE :
C'est une des laiteries qui collecte le secteur qui a donné l'alerte
du fait qu'elle a constaté au cous des premiers mois de 2007 une
augmentation continue, depuis février, du taux de dioxines dans le lait,
atteignant le seuil d'alerte cad 2 picogrammes par gramme.
L'action de surveillance s'est surtout développée d'août à
décembre 2007. (le lait est déclaré impropre à la consommation dès 3
picogrammes / gramme)
LES FAITS :
Les 7 laiteries du secteur ont finalisé des analyses par «
producteur » (10 exploitations)
- le 23 août : 4 résultats positifs
- le 21 septembre : 21 ateliers laits sous contrôle, car présentant
12-15 picog/g en 56, jusqu'à 40 pg/g en certaines exploitations de la LA.
- Cela a conduit à l'abattage de 75 animaux (sur 5 ateliers).
MESURES :
*21 élevages touchés
*40 exploitations et 83 ateliers sous séquestre
*Restrictions fortes sur les veaux
*Lait collecté séparément (5.8 millions de litres), crèmes
incinérées à l'équarrissage de GUER.
*Mesures de non emploi du maïs contaminé, récolté à l'automne
2006 (2500 tonnes).
*7 communes du 56 concernées, contaminées de 13 à 75% mais avec
un taux < 10pg/g
*82 ateliers de taurillons séquestrés, dont 5 en 56, dont 3
contaminés à > 3 pg/g de graisse
*965 bovins abattus (en tout)
*51 veaux
Soit 1016 animaux dont 75 dans le 56 (incinérés à Guer)
Conclusions : quand la « source » est retirée, le séquestre l'est
aussi.
* C'est le maïs de 2006 qui est la source
* A ce jour il reste 500 tonnes de fourrage contaminé en 56.
LES CAUSES :
*Sur l'ensemble des molécules de dioxines - furanes (210
environ) seules 17 molécules sont toxiques.
Les recherches ont été effectuées (prélèvements de terre, d'herbe, de
feuillage, de lichen,) près et aux alentours des entreprises suivantes :
- CARGILL à Redon élaboration de pectines à partir d'écorces de
citrons, les écorces étant données, après usage, aux animaux comme
alimentation
- KNAUF à Redon suite à l'incendie du 13 juin 2006 : mais la
famille des dioxines trouvées ne correspond pas à celle existante dans les
maïs incriminés (pas, ou très peu de furanes)
- Les carrières : néant
- Fonderie AFC de Redon : présence de furanes dans l'herbe mais ne
provient pas de chez eux
- Incinérateurs
- Centrale électrique de Cordemais (à charbon)
- Raffinerie de Donges
- Ferrailleur de Guéméné
- Intrants agricoles (herbicides) : hors cause suite aux analyses
de lichens du secteur par Air lichens
- Brûlage de pommiers de vergers : c'est à ce jour une des causes
sérieuses
- Brûlage de traverses de chemin de fer : néant
- Largage de carburant aviation : néant dans la période
L'INERIS a reconstitué le panache des fumées de l'incendie de l'Usine KNAUF
de Redon du 13 juin 2006 à partir des observations météo : résultat : impact
possible mais pas de contamination des sols (on ne retrouve pas dans les
sols les éléments trouvés dans l'incendie de l'usine.
Autre possibilité : impact d'un orage local précipitant les
molécules au sol, mais alors pourquoi montée lente de la détection ?
En conclusion : les recherches ne sont pas
terminées, l'analyse des brûlages des arbres de vergers continue,
En ce qui concerne les producteurs de légumes
(serristes ou jardiniers amateurs) : pas d'impact majeur car très peu de
produits est consommé sans être lavé, hors la dioxine se concentre surtout
dans les feuillages et pas dans les peaux, ni à l'intérieur des légumes
(dixit la DRIRE). Le Secrétaire Général a précisé qu'il n'y avait alors pas
lieu d'informer la population.. pour ne pas créer de panique inutile.
Voilà ce compte-rendu transcrit le plus fidèlement possible,
mais aussi avec sans doute quelques lacunes.
Sur le déroulement des évènements c'est la DSV qui
est compétente
Sur les aspects techniques, il faut contacter la
DRIRE Rennes
Jules GEORGEAULT - représentant les consommateurs au CODERST 56
ce 8 avril 2008
Commentaires
Deux trois commentaires
De ce que je sais, ce qui est vrai pour le 56 l'est également pour le 35 et le 44.
ce qui est dit dans ce texte et publié sur ce blog est engros la réalité de ce qui est connu. Aujourd"hui
à titre perso je me demande si il n'y a pas eu plusieurs sources identiques , une grosse sur guémené , qui a levé le lievre et d'autres moins fortes , peut être fréquentes découvertes car là on à cherché un peu plus.
Le commentaire sur la non-transparence de l'état dans cette affaire commence à me gonfler pour parler vulgairement car,Mme LE VOUCHER de la DSV 56 et de Mr ROUYER de la DRIRE Rennes c'est la parole de l'état.
lorsque l'état dit voilà ce que je sais , vous en savez autant que moi , et qu'on réponds vous n'etes pas transparents , moi je sais, mais sans dire ni pourquoi ni comment , que vous l'état , ne dites pas tout; alors on n'est plus dans ce que le débat peut permettre pour avancer dans la vérité on rentre dans l'affirmation de principes et de convictions: "L'état n'est pas transparent", et alors quoi d'étonnant, l'église, la presse, les partis politiques , les assocs et les entreprises non plus, pas plus que mon voisin , ni moi . dailleurs qu ia envie que l'on dise de lui: il est complètement transparent . pour exister il faut être opaque !