Avenir incertain de l'hopital de Redon : et si on se mobilisait ?
Par JF Lugué le samedi 10 mai 2008, 23:45 - Lien permanent
Alors que l'hôpital de Redon risque de voir sa
vingtaine de lits en psychiatrie être déménagés sur Rennes et Saint-Avé, j'ai
l'impression de sentir une certaine résignation s'installer dans le Pays.
Demain ça sera peut-être au tour de la chirurgie de quitter l'hôpital... Cela
inquiète-t-il outre mesure pour l'instant les habitants? Pas si sûr.
Ayant assisté à l'assemblée générale de l'association de promotion et de défense de l'hôpital mardi dernier, je m'attendais franchement à un grand rassemblement de citoyens, salariés de l'hôpital, médecins, élus, etc ... S'il y avait bien chacune de ces catégories présentes, je déplore que nous n'étions en tout qu'une petite soixantaine de personnes. Parmi les élus, on pouvait noter la présence de JL Fougère (pdt com com) et D Julaud (conseiller général) ainsi que le maire de Bains-sur Oust.
Mais aucun élu de la majorité de la ville de Redon... Parmi le personnel soignant présent, très peu voire pas de personnes travaillant sur le secteur psychiatrique, alors que d'ici peu ces personnes devrons quitter leur emploi à l'hôpital... Loin de moi l'idée de donner des bons ou des mauvais points sur qui était là et qui n'était pas là, mais je dirai que le sort de l'hôpital de Redon doit être l'affaire de tous : employés, élus et surtout les habitants du Pays. Ces derniers étaient à mon avis très sous-représentés... Des étudiantes du lycée Beaumont, en apportant les résultats de leur étude, ont fournies des pistes intéressantes pour expliquer le rapport que les habitants de Pays de Redon entretiennent avec leur hôpital. Si, l'image que les habitants ont de leur hôpital est plutôt bonne (sans doute pour les autres...), il n'en va pas de même pour les médecins du Pays qui prescrivent le plus souvent des interventions médicales dans des hôpitaux extérieurs... Le taux de fuite serait de l'ordre de 70 % pour des actes pouvant être réalisés à l'hôpital de Redon !... Il est clair que si médecins et patients commençaient par envisager une hospitalisation sur place plutôt qu'à Rennes ou à Nantes, les soucis actuels de l'hôpital seraient en partie résorbés.
Juste une anecdote personnelle: l'année dernière un médecin redonnais me prescrit un examen dans une clinique à Saint Grégoire à Rennes (où ce médecin intervient). un peu avant l'intervention, je me renseigne pour savoir si cet examen était réalisé sur Redon à l'hôpital. Il l'était effectivement... J'ai donc annulé l'examen en clinique privée pour le faire à Redon. Le bilan global était plutôt intéressant : je me suis trouvé avec moins de transport à faire, une économie substantielle pour la sécurité sociale, moins de gaspillage d'énergie fossile et surtout ... un renforcement des activités de l'hôpital de Redon qui en a bien besoin.
Je crois donc que le problème que rencontrent aujourd'hui les hôpitaux ne sont pas seulement une histoire de médecins, d'élus ou de responsables de l'hôpital mais bien d'une affaire qui renvoi chacun (y compris patient) à ses responsabilités. Que deviendra le Pays de Redon si le démantèlement de l'hôpital se poursuit? Il est clair que ça serait catastrophique.
Le gouvernement actuel a bien évidemment sa part : ce n'est pas en faisant un simple exercice comptable sur le regroupement des hôpitaux qu'on ira vers un meilleur service public car en l'occurrence, ce sont les personnes aux faibles ressources qui seront pénalisées pour bénéficier des centres de soins.
Bref, l'heure est à la "mobilisation"! Le comité de défense de l'hôpital n'est pas encore en rupture de cartes d'adhésions alors n'hésitez pas: adhérez! (adhésion :7€)