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déclaration au Sénat du 19-06-2008

M. François Autain. - Je souhaiterais attirer l'attention sur l'utilisation
inappropriée qui est faite de l'expression « langue régionale » ; ne rendant
pas compte de la diversité des parlers qui existent dans une même région,
elle contribue à l'appauvrissement de notre patrimoine linguistique.

Élu d'un département dont l'identité bretonne est toujours incertaine, je
prendrai l'exemple des parlers pratiqués en Bretagne. Il n'existe pas une
langue régionale unique mais un nombre important de parlers rattachés à cinq
grands dialectes. Dans la région rennaise, on pratique le gallo, qui est un
dialecte de langue d'oïl parlé en Bretagne orientale ; dans le reste de la
Bretagne, dite Bretagne bretonnante, on dénombre quatre dialectes celtiques
: le trégorois, le vannetais, le léonard et le cornouaillais. Et chaque
dialecte se décompose en sous-familles, celles-ci étant si diverses que les
linguistes ne se réfèrent qu'aux parlers qui les composent. Au sein du
cornouaillais, on distingue ainsi les parlers du pays Bigouden, du Poher, du
Cap Sizun ou encore du pays de l'Aven.

Les choses se compliquent encore si l'on considère qu'à l'intérieur même de
ces zones, il existe des sous-dialectes spécifiques. Ainsi, le sous-dialecte
du pays Bigouden diffère entre les locuteurs de Quimper et de ses alentours
et ceux de la région de Douarnenez.

En organisant la promotion des langues régionales en Bretagne par le biais
des écoles bilingues, qui enseignent une forme d'esperanto composé des
différents parlers bretons, incompréhensible par ceux qui ont l'un de
ceux-ci pour langue maternelle, on contribue à la liquidation d'un
patrimoine linguistique bien plus riche dans la réalité que dans la
description sommaire que je viens d'en faire. Je rappelle par parenthèse que
cet esperanto breton a été inventé en 1941 par un admirateur du régime nazi.

Pour toutes ces raisons, les langues régionales ne doivent pas figurer dans
la Constitution.

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Monsieur,

Je viens de lire votre intervention au Sénat sur le débat des langues régionales.
Je suis consterné par vos propos car ils sont profondément méprisants pour ceux se mobilisent pour l'existence des langues de France et notamment le gallo et le breton en Bretagne. 
Puisque vous doutez encore de l'identité bretonne de la Loire Atlantique, j'ai tout lieu de penser que votre pseudo- argumentation concernant la langue bretonne n'est pas le fruit de votre propre recherche personelle, mais qu'elle émane de cercles jacobins.
J'aurais tant à dire sur vos propos concernant les dialectes en Bretagne... je souligne des erreurs de taille quand même dans vos propos : il n'y a pas de sous-groupe et de sous-sous-groupes distincts dans les 4 principaux dialectes, il y a des influences croisées de mots, d'accentuation, etc... Les 4 dialectes cités ne sont qu’une modélisation grossière des variantes linguistiques. Phénomène que l’on retrouve dans toutes les langues ! La non-compréhension que vous évoquez entre bretonnants de différentes origines tient essentiellement à une chose : l’absence d’enseignement à l’école du breton parlé (phénomène du chien qui se mord la queue…). Vous ne savez peut-être pas qu’à l’origine la langue étaient la même…
Pour en savoir plus, questionnez donc des linguistes et non des idéologues.

En tant qu’enseignant de breton, je peux vous assurer que nous poursuivons un double objectif dans l’apprentissage : respecter les formes dialectales et les accents mais aussi unifier la langue par l’écrit. Nous sommes donc loin du tableau que vous dressez avec votre "espéranto" incompréhensible aux bretonnants de naissance. Votre cliché est mauvais. La remise à jour s'impose chez vos informateurs.

Quand à l'admirateur du régime nazi, je suppose que vous parlez de Roparz Hémon. Que Roparz Hémon ait été collaborateur, sans aucun doute. Qu'il ait collaboré suffit il pour entâcher la probité des personnes qui se sont référées à ses travaux ? (il n'a d’ailleurs pas été le seul à travailler sur la grammaire unifiée)
Avez vous lu Céline? Etes vous devenu antisémite pour autant ?
Vos amalgames sont grostesques et sont à mon avis indignes d'un parlementaire.

Joa deoc'h / bien à vous

JF Lugué
conseiller municipal (de gauche) de Redon