Si on poursuit le raisonnement de Mme Boussekey on pourrait tout à fait imaginer d’envoyer nos déchets dans des Pays du 1/3 monde pour des prix encore bien plus compétitifs. (Sauf, que cela est interdit pour les déchets ménagers mais pas pour tous les déchets industriels à priori.) Tout ce qui est légal est donc bon à prendre? C’est là qu’une certaine éthique personnelle ou collective peut apporter des éléments de réflexion et orienter les avis. Pour ce qui me concerne, j’estime que la légitimité (la morale) est supérieure à la légalité (la loi).

Le Pays de Redon vient de sortir d’une crise écologique majeure avec la pollution à la dioxine (plus de 150 exploitations touchées) issues de la combustion non maîtrisée de bois traités -d’après ce que disent prudemment les services de l’Etat. Est-il moralement acceptable qu’aujourd’hui, nous soyons prêts à produire des déchets de ce type (dioxines) sur d’autres territoires alors que nous connaissons plus que d’autres leur niveau de nocivité. L'éthique voudrait qu’après avoir été victime, nous ne soyons pas à notre tour contributeur à l’augmentation de la pollution à la dioxine. Rappelons quand même la fermeture de l’usine de Redon en 2000 pour non respect de la réglementation en vigueur… Qu’en a-t-il été des quantités de polluants rejetés ? Les chiffres, jamais publiés ne doivent pas être réjouissants. Combien de victimes induites, pendant combien d'années ?...

Du côté de Nivillac, une usine d’incinération a dû aussi être fermée en 1999 pour cause de dysfonctionnements et …de cancers anormaux constatés par les médecins sur les communes proches (pour lesquelles les analyses épidémiologiques ont conclu évidemment qu’il n’y avait rien de significatif). Bref, quelques soient les qualités de filtres de fumée disposés à la sortie d’une usine, celle –ci produit des polluants extrêmes présents notamment dans les mâchefers (cendres) qu’il faut ensuite surveiller à vie. La littérature sur le sujet est copieuse.

L’incinération est aussi un système qui s’accommode trop bien du libéralisme et de profits juteux. Parts de marchés, rentabilité des usines (privées évidemment), etc … Difficile de mener de front l’incinération et la baisse du tonnage des ordures ménagères puisque la « valorisation énergétique » (comprenons  : la combustion des plastiques d’emballages pour faire du chauffage) nécessite un apport régulier pour satisfaire en aval le marché de l’énergie. Quelle crédibilité et surtout quelle volonté exprimée ensuite dans une politique de réduction de déchets ? La décision de la CCPR de Redon est reportée à Octobre et ne serait « que » provisoire. L’incinération est un piège dangereux à éviter pour le Pays de Redon. Certains élus semblent déjà subjugués les feux follets qui s’en dégagent…