Commentaires personnels après la projection de "Nos enfants nous accuseront" à Manivel Cinéma
Par JF Lugué le dimanche 16 novembre 2008, 14:36 - Lien permanent
Justement, le fil rouge du film s’est construit autour du jardin d’une école, celle de l’école publique de Barjac (dans le Gard). A Barjac les enfants ont de la chance, ils vivent dans une commune assez peu ordinaire il faut le dire : Des professeurs engagés à fond dans la reconquête d’une alimentation de qualité, des cuisiniers de la cantine -pardon de la restauration municipale !- qui sont fiers de leur métier qu’ils ont redécouvert depuis que le conseil municipal a décidé de servir des repas exclusivement en bio ! N’oublions pas non plus leurs parents qui sont intégrés dans le projet. Le film montre tous les acteurs et leurs états d’âmes. Le chef d’orchestre, c’est quand même son maire haut en couleur et en sagesse : Edouard Chaulet. Un véritable prophète même ! Il a même largement conquis samedi soir son auditoire redonnais samedi pendant le débat, par la pertinence de ses réponses et aussi son humour. Aujourd’hui, on ne pourra pas dire : « une restauration collective en bio , c’est trop difficile à mettre en place », celle de Barjac nous témoigne que c’est possible ! Ce qui nous fait encore défaut, c’est la volonté politique. A la vue de la crise financière actuelle et des crises qui se profilent ( alimentaire, énergétique,...), l’échelle des valeurs semble bouger et se recomposer. Le « on peut être heureux en vivant simplement » semble de plus en plus crédible face au « consommer toujours plus » qui, beaucoup le constatent désormais, s’avère terriblement destructeur au bilan.
Pour en revenir au film, je suis assez stupéfait de constater que de nombreuses critiques (Télérama, Le Monde, Libé, La Croix) ont été négatives (même si quelques unes sont positives comme Marianne et L’Huma) . Qu’est-ce à dire ? Que le monde des critiques (exclusivement parisiens bien sûr !) du cinéma manque d’ouverture d’esprit ? Que les gens de la ville n’ont pas encore pris conscience des enjeux d’avenir? (quand ils reprochent au film son caractère « militant » comme si le système qui nous conduit à la contamination chimique généralisée n'était pas militant lui !). La perspective du virage à prendre n'est pas envisagée encore partout , et peut-être plus particulièrement chez les intellectuels…
N’hésitez pas, vous lecteur, à aller voir ce film qui comme le dit Edouard Chaulet : « transpire d’humanisme ». Même si je regrette assez le titre et certains accents culpabilisateurs, je considère que c’est un bon film, parfois drôle et émouvant qui nous remet durement fasse à nos responsabilités.

Commentaires
ce film passe à Manivel le samedi 15 novembre à 20 h
suivi d'un débat à 22h avec le réalisateur Jean-Paul JAUD et Philippe DESBROSSES, auteur de "l'intelligence verte", de "l'impasse alimentaire" co-écrit avec Nicolas Hulot, membre de la commission nationale de l'agriculture biologique et expert européen sur ce sujet...
Seulement 20 copies de réalisées dans la France entière pour cet excellent film. Raison de plus pour ne pas le manquer si au hasard de vos pérégrinations il se trouve à l'affiche d'un cinéma.
Il est assez rare en France d'avoir des films qui touchent à l'Environnement -à part des films animaliers-
Alors ! Plus de copies seront tirées si vous êtes nombreux à le plébisciter en allant le voir...
Plus de villes à le diffuser; c'est plus de gens,bien sûr, à le voir.
Ce film -(évidemment non-commercial)- peut connaître un très beau succès et être à l'émergence d'un vrai mouvement du développement de la nourriture bio dans les restaurants scolaires.
Celà dépend de vous !!!?
Les pesticides dans l'agriculture et dans l'alimentation sont un danger avéré. On peut s'en passer ! Tel est un des messages à retenir du film. Mais c'est aussi un pur moment de cinéma avec une lumière magnifique, une musique et un son à propos (scène de la naissance étonnante), de l'humour et même de la jubilation pour les vieux routiers du bio !!
C'est un pur moment d'humanité, de joie, de bonheur qui contraste avec la gravité du thème et la réalité terrifiante montrée sans concession (le sol mort...).
Et puis ce sont ces petites phrases distillées dans le film et que j'ai retrouvées grâce au dossier de presse de l'association UN PLUS BIO :
Celles du chef-cuisinier Thierry Baude, «En tant que professionnel,après avoir goûté au bio, je ne pense pas que je puisse faire machine arrière…»
Celles du maraîcher bio Didier Muffat «J’ai travaillé dix ans en agriculture chimique et il y a des choses que je faisais que je n’aurais jamais mangé, c’est clair…»
Celles d'Edouard Chaulet, maire de Barjac, un des héros du film, humain, truculent, phrases qu'on a envie de déclamer à nos élus :
«Nos enfants s’empoisonnent… Nous les empoisonnons. Cessons de faire cela ! Les élus locaux ont des responsabilités, ils doivent les prendre en matière d’hygiène publique.»
«Rien n’est trop sain, rien n’est trop bon, rien n’est trop beau pour nos enfants…»
« Faites passer votre conscience avant le comptable»
Celles de Charles Sultan, Professeur d’endocrinologie pédiatrique au CHU de Montpellier «La contamination commence dès la vie foetale ; on est sûr que les pesticides traversent la barrière placentaire.»
A suivre ce sera peux-être le prochain conférencier invité par la mutuelle des Pays de Vilaine et "de l'assiette au champ : santés durables"
Enfin les petites phrases de Philippe Desbrosses pendant le débat : "la bio a déjà gagné, c'est une question de semaines, de mois ou d'années" ou de citer la phrase de Coluche " si on ne l'achète pas, et bien ça ne se vendra pas ! "
Quand à Jean-Paul JAUD, merci pour ce moment de jubilation et de plaisir de cinéma et à dans deux ans pour le numéro 2 de NOS ENFANTS NOUS ACCUSERONT....