Justement, le fil rouge du film s’est construit autour du jardin d’une école, celle de l’école publique de Barjac (dans le Gard). A Barjac les enfants ont de la chance, ils vivent dans une commune assez peu ordinaire il faut le dire  : Des professeurs engagés à fond dans la reconquête d’une alimentation de qualité, des cuisiniers de la cantine -pardon de la restauration municipale !- qui sont fiers de leur métier qu’ils ont redécouvert depuis que le conseil municipal a décidé de servir des repas exclusivement en bio ! N’oublions pas non plus leurs parents qui sont intégrés dans le projet. Le film montre tous les acteurs et leurs états d’âmes. Le chef d’orchestre, c’est quand même son maire haut en couleur et en sagesse : Edouard Chaulet. Un véritable prophète même ! Il a même largement conquis samedi soir son auditoire redonnais samedi pendant le débat, par la pertinence de ses réponses et aussi son humour. Aujourd’hui, on ne pourra pas dire : « une restauration collective en bio , c’est trop difficile à mettre en place », celle de Barjac nous témoigne que c’est possible ! Ce qui nous fait encore défaut, c’est la volonté politique. A la vue de la crise financière actuelle et des crises qui se profilent ( alimentaire, énergétique,...), l’échelle des valeurs semble bouger et se recomposer. Le « on peut être heureux en vivant simplement » semble de plus en plus crédible face au « consommer toujours plus » qui, beaucoup le constatent désormais, s’avère terriblement destructeur au bilan.

Pour en revenir au film, je suis assez stupéfait de constater que de nombreuses critiques (Télérama, Le Monde, Libé, La Croix) ont été négatives (même si quelques unes sont positives comme Marianne et L’Huma) . Qu’est-ce à dire ? Que le monde des critiques (exclusivement parisiens bien sûr !) du cinéma manque d’ouverture d’esprit ? Que les gens de la ville n’ont pas encore pris conscience des enjeux d’avenir? (quand ils reprochent au film son caractère « militant » comme si le système qui nous conduit à la contamination chimique généralisée n'était pas militant lui !). La perspective du virage à prendre n'est pas envisagée encore partout , et peut-être plus particulièrement chez les intellectuels…

N’hésitez pas, vous lecteur, à aller voir ce film qui comme le dit Edouard Chaulet : « transpire d’humanisme ». Même si je regrette assez le titre et certains accents culpabilisateurs, je considère que c’est un bon film, parfois drôle et émouvant qui nous remet durement fasse à nos responsabilités.