Non à l'impérialisme de la France au Niger
Par JF Lugué le lundi 5 janvier 2009, 22:19 - Lien permanent
La France est dépendante de l'uranium
pour faire tourner ses centrales nucléaires. Pour ce faire, elle doit se
procurer ce minerai tant convoité ailleurs que dans l'hexagone. La société
AREVA en extrait au Niger à un prix défiant toute concurrence. Il est fort
probable comme dans beaucoup de Pays africains que "business" et pouvoir
politique s'accommodent bien de cette situation. C'est ce qu'est venu nous
expliquer il y a 3 ans à Redon un député européen belge qui avait réalisé un
documentaire dénonçant aussi les conditions sanitaires intolérables pour les
populations vivant à proximité des sites miniers. J'ai reçu aujourd'hui 2 mails
qui nous informent de la situation et de la prise de conscience qui se renforce
autour d'une question qui touche à une forme de colonialisme.
communiqué de la fédaration "Régions et peuples solidaires"
La fédération « Régions et Peuples Solidaires » apporte son soutien à son partenaire du Congrès Mondial Amazigh qui appelait à manifester samedi 20 décembre 2008 à Paris contre AREVA sur la question de l’exploitation de l’uranium dans les zones touarègues du nord du Niger et les propos scandaleux du groupe français spécialisé dans le nucléaire.Non, le colonialisme français n’a pas disparu avec les guerres de libération nationale des années 60. Le groupe AREVA est certes une société privée (Société Anonyme) mais les pouvoirs publics français en sont les actionnaires quasi uniques à près de 90 % ! (Commissariat à l’Énergie Atomique (78,9%), État français (5,2 %), Cours des Comptes (3,6 %). AREVA est de plus le deuxième employeur du Niger après l’État. Ce statut d’employeur incontournable dans le pays, couplé d’accords économico-militaires bilatéraux a certainement renforcé Thierry d’Arbonneau, responsable de la sécurité d’AREVA au Niger, dans ses convictions lorsque à l’automne dernier il déclarait au MEDEF « L’État français ferait mieux, [...] de donner aux autorités nigériennes les moyens de mater la rébellion des Touaregs » et « ces hommes en bleu qui font rêver les hommes et chavirer le coeur des femmes mais ne sont qu’une illusion... ».
R&PS condamne l’appel à ingérence fait par AREVA à la France sur la question de la rébellion touarègue qui perturbe, on s’en doute, AREVA dans le pillage des ressources naturelles. Tout en réfutant les actes de violence de certains groupes touarègues, R&PS estime que cette situation conflictuelle est à la fois le produit d’une décolonisation inachevée par la France et d’un mépris des autorités françaises et nigériennes envers les populations autochtones Amazighen/Touarègues qui ne font que réclamer légitimement une partie des revenus générés par l’exploitation de l’uranium extrait sur son sol.
information sur un film diffusé sur France5
Niger : la bataille de l'uranium
Dimanche 11 janvier 2009 à 21.30 sur France 5 (exclusivité soirée)Les sites d'extraction d'uranium sont situés
dans les plaines désertiques du nord du Niger, en territoire
touareg.
Au nord du Niger,
dans une région de plaines désertiques où est implantée Areva, le fleuron
français de l'industrie nucléaire, les Touareg ont pris les armes. Leurs
revendications : un partage équitable des
revenus issus de l'extraction d'uranium et des conditions d'exploitation du
minerai qui respectent leur mode de vie, leur santé et leur
environnement.
Enlèvements, attaques de garnisons, blocages d'axes routiers
névralgiques : ce sont les seuls moyens de pression dont disposent les
rebelles touareg du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ) pour exiger
du gouvernement de Niamey une répartition équitable des revenus uranifères.
Exploitées depuis quarante ans par la firme française Areva, numéro un mondial
du nucléaire, les mines d'uranium du nord du Niger constituent une manne
économique pour le sud du pays. Quant aux Touareg et aux 80 000 âmes
de la ville d'Arlit, à proximité des sites d'extraction, ils ont « gagné
la poussière, la radioactivité, plus de pollution et plus d'atteintes à
l'environnement », selon Moussa Tchangari, un militant associatif.
Eau, air, sols : un lourd tribut
Les combattants du MNJ revendiquent 50 % des
revenus issus de l'exploitation de l'uranium.
De fait, l'eau des puits est polluée par l'acide sulfurique utilisé dans le traitement de la pierre. L'air est chargé de poussières de minerais hautement radiotoxiques. Enfin, des matériaux irradiés récupérés par les mineurs se retrouvent dans les charpentes des maisons, les voitures ou les ustensiles de cuisine. En dépit de preuves tangibles, l'absence de dépistage ne permet pas d'établir l'ampleur de la contamination à l'uranium de la population. Surplombant les activités minières, les vergers de la région agricole de l'Aïr, classée au patrimoine mondial de l'humanité, sont également menacés. Tandis que le gouvernement étend les zones de prospection sans consulter les Touareg qui y vivent, le président du MNJ, Aghali Alambo, appréhende la sédentarisation à laquelle est contrainte sa communauté. « Le nomadisme, c'est notre culture, explique-t-il. Ces gens n'ont pas l'habitude de payer l'eau, le bois, l'électricité. Dans les villes, tout est payant. Et s'ils n'ont pas de travail, il faut qu'ils demandent la charité devant tout le monde. Et ça touche la crédibilité de notre culture. »
Gaëlle Gonthier
Documentaire
Durée 47'
Réalisation Nahan Siby, Frédérique Denis et
Stéphane Manier
Production France 5 / Galaxie Presse
Année 2008