le fret  lié a NDDL est-il  une chance pour le pays de Redon ?
Le fret avionné en 2008  à Nantes Bouguenais est de 9000 tonnes en baisse de 22 % car TNT opérateur international à abandonné Nantes durant l'année.
Ce fret représente environ un camion de 35 tonnes par jour autant dire quasiment rien.
Pourquoi un fret  marchandise qui n'existe pas se développerait t'il alors que le commerce mondial est aujourd'hui en contraction et que les avions ne savent pas voler autrement qu'avec un pétrole à long terme toujours plus rare et cher ?. Si par miracle ce fret existait pourquoi viendrait t'il sur le pays de Redon et pour aller où ensuite   alors que des liaisons routières rapides et directes existent déjà  ou sont prévues  dans toutes les directions  à partir du site  et dont aucune ne traverse le pays de Redon. ?

En permettant le désenclavement de Saint Nazaire, NDDL peut isoler le pays de Redon !.
l'accès routier à NNDL est prévu par le sud par un barreau de type autoroutier reliant la route Nantes-Vannes à hauteur de Savenay-Le Temple à la route Nantes-Rennes à hauteur de Grandchamp des Fontaines.
Ce barreau permettra la liaison autoroutière Saint Nazaire-Rennes sans devoir passer par l'engorgement actuel du périphérique Nantais. Le barreau complémentaire de Prinquiau déja décidé par le CG 44, déplacera lui,et en  l'interdisant alors sur cet axe, le trafic poids lourd  Pontchâteau-Donges partie intégrante de la liaison Saint Nazaire-Redon-Rennes. En conséquence il devient totalement incohérent pour un poids lourd de rejoindre  Saint Nazaire  à Rennes en passant par Redon  et donc fait tomber l'argument de ce traffic pour demander l'amélioration des liaisons routières Saint-Nazaire-Rennes par Redon.


Redon plate forme  train pour les destinations bretonnes vers NDDL.?
En France  (ex Roissy) 10%  des voyageurs utilisent le train pour  rejoindre l'aéroport quand une desserte tain correcte existe.
Pour NDDL cela conduit à 350 à 400 000 passagers-an pour le train soit moins d'une rame TGV  par jour, dont au moins la moitié via Nantes en provenance d'Angers- Le Mans et du sud-loire. On arrive à l'équivalent d'une demi-rame complète  de TGV par jour transitant par Redon et liée à un effet NDDL. Celà pour toute la Bretagne, la part des personnes prenant le train ou en descendant à Redon pour   atteindre NDDL serait en rapport, au final, totalement marginale.
Il y a d'autres projets actuels dont une ligne TGV directe Rennes-Nantes avec arrêt à NDDL utilisant le tracé actuel et plongeant directement vers Nantes à hauteur de Masserac. Dans cette hypothèse c'est quasiment tous le trafic train Rennes Nantes via Redon qui disparaîtrait sauf quelques TER de desserte locale.

Les emplois indirects et induits, le développement de l'habitat ?
Il est maintenant clair que le projet ne vise pas principalement à répondre à une augmentation significative du transport passagers ou fret mais à diminuer les contraintes du survol de Nantes.
L'essentiel des emplois liés au transport aérien sur Nantes existe déjà, et croitra ou stagnera comme l'évolution du trafic, il n' y a que quelques centaines de vrais emplois nouveaux en jeu, au mieux un ou deux milliers à long terme liés au trafic aérien sur Nantes. Ce chiffre est peu important par rapport à l'évolution de l'emploi  total dans l'agglo nantaise aéroport ou pas. Les entreprises installées sur les zones industrielles actuelles  autour de Nantes Atlantique n'ont aucune raison particulière de migrer vers le nord car elles n'utilisent pas en général  l'avion pour le fret. Quand elles le font (Airbus ) elles continueront à utiliser  Nantes Atlantique  qui restera ouvert au trafic fret comme Saint Nazaire avec alors des capacités quasi illimité de croissance au regard du trafic actuel et de ce que NNDL libérerait.
Les salariés travaillant directement à Nantes-Atlantique, quelques milliers, n'ont pas de vrais raisons de quitter l'agglomération nantaise pour venir habiter dans le pays de Redon. il ne parait pas sérieux d'imaginer que la proximité d'un aéroport pour leurs propres déplacement soient utilisé comme un argument pour décider des citoyens à venir habiter dans le pays de Redon, d'autant que celui-ci est  bien moins accessible que les agglomérations situées le long des  4 voies entre Rennes Nantes  Vannes et Saint Nazaire.

Conclusion :  un bilan au mieux neutre au pire négatif.
Quand bien même, au delà de tout débat sur son utilité, cet aéroport se fait,  alors un esprit raisonnable et cohérent doit conclure que cet aéroport aurait au mieux un effet neutre et peut être même un effet négatif sur le développement et l'économie du Pays de Redon.  Tant bien même il y aurait globalement quelques effets positifs à en attendre, ceux se trouveraient repartis et dilués entre l'ensemble des territoires situés à la même distance ou plus de NDDL que l'est le pays de Redon soit : les pays de Blain , Derval, Nort sur Erdre Ancenis Savenay Pontchâteau et toute la banlieue Nord de Nantes. Tous  ces territoires sont  beaucoup mieux desservis en liaison routière  avec l'aéroport que le pays de Redon; Si gâteau  il y avait nous n'en n'aurions de toutes façon que des miettes, c'est la triste réalité de la géographie et du territoire tel qu'il a été aménagé depuis 50 ans.

On peut bien sur se comporter différemment et dire , "on ne sait pas trop comment, mais de toute façon l'aéroport ne peut être que bon pour nous"  En tant de croissance forte, dire cela ne prête pas à conséquence car, même  si c'est faux, d'autres forces assurent alors l'emploi et le bien-être collectif.
En tant de crise grave comme aujourd'hui, continuer à tenir un discours disant que l'aéroport peut être une solution même partielle aux problèmes du pays de Redon risque de devenir un discours dangereux porteur d'illusions et faux espoirs si c'est un discours faux. Les responsables du pays, de tous bords et quasiment unanimes jusqu'à aujourd'hui  ont tenu ou relayé à la population le discours que NDDL est une aubaine pour le pays. Ils ont le devoir maintenant  d'aller plus loin et de démontrer par des études argumentées que ces affirmations s'appuient sur autre chose que des  croyances. Nul ne peut prétendre qu'il détient la vérité,  et je ne le prétends pas mais  chacun à le devoir de douter de ses croyances et de vérifier si ce qu'il croit est crédible avant de  vouloir le faire partager à tous comme une vérité, voire de l'inscrire dans le marbre du SCOT et des PLU.
Les dernières semaines ont montré qu'en temps de restrictions financières les départements ont tendance à sabrer ou  à reporter des investissement que le pays de Redon attends. Il faut aussi alors se demander si soutenir un projet comme NDDL et voter les crédits d'aménagements  publics qui y sont liés  ne risque pas au final de priver le pays de Redon d'aides financières pour ses besoins propres ?
Herve Le Bouler