Aéroport NdL : contribution d'Hervé Le Bouler
Par JF Lugué le samedi 31 janvier 2009, 14:20 - Lien permanent
Aéroport NdL : une aubaine pour le Pays de Redon ?
Le débat est lancé localement sur l'intérêt de l'aéroport NNDL en général et de son intérêt pour le Pays de Redon en particulier. Je veux ici apporter ma contribution non pas sur l'intérêt du projet lui-même mais sur ses effets pour le pays de Redon, alors que le seul discours tenu jusqu'à ce jour par les responsables du territoire est celui d'un bilan positif voire exceptionnellement positif de la création de cet aéroport pour l'économie du Pays de Redon.
les chiffres que j'utilise sont issus de l'information publique, il se peut qu'ils soient entachés d'erreurs, plus ou moins grosses ; à chacun de les contester et de fournir les rectificatifs si besoin.
le fret lié a NDDL est-il une chance pour le pays de Redon ?
Le fret avionné en 2008 à Nantes Bouguenais est de 9000 tonnes en baisse de 22 % car TNT opérateur international à abandonné Nantes durant l'année.
Ce fret représente environ un camion de 35 tonnes par jour autant dire quasiment rien.
Pourquoi un fret marchandise qui n'existe pas se développerait t'il alors que le commerce mondial est aujourd'hui en contraction et que les avions ne savent pas voler autrement qu'avec un pétrole à long terme toujours plus rare et cher ?. Si par miracle ce fret existait pourquoi viendrait t'il sur le pays de Redon et pour aller où ensuite alors que des liaisons routières rapides et directes existent déjà ou sont prévues dans toutes les directions à partir du site et dont aucune ne traverse le pays de Redon. ?
En permettant le désenclavement de Saint Nazaire, NDDL peut isoler le pays de Redon !.
l'accès routier à NNDL est prévu par le sud par un barreau de type autoroutier reliant la route Nantes-Vannes à hauteur de Savenay-Le Temple à la route Nantes-Rennes à hauteur de Grandchamp des Fontaines.
Ce barreau permettra la liaison autoroutière Saint Nazaire-Rennes sans devoir passer par l'engorgement actuel du périphérique Nantais. Le barreau complémentaire de Prinquiau déja décidé par le CG 44, déplacera lui,et en l'interdisant alors sur cet axe, le trafic poids lourd Pontchâteau-Donges partie intégrante de la liaison Saint Nazaire-Redon-Rennes. En conséquence il devient totalement incohérent pour un poids lourd de rejoindre Saint Nazaire à Rennes en passant par Redon et donc fait tomber l'argument de ce traffic pour demander l'amélioration des liaisons routières Saint-Nazaire-Rennes par Redon.
Redon plate forme train pour les destinations bretonnes vers NDDL.?
En France (ex Roissy) 10% des voyageurs utilisent le train pour rejoindre l'aéroport quand une desserte tain correcte existe.
Pour NDDL cela conduit à 350 à 400 000 passagers-an pour le train soit moins d'une rame TGV par jour, dont au moins la moitié via Nantes en provenance d'Angers- Le Mans et du sud-loire. On arrive à l'équivalent d'une demi-rame complète de TGV par jour transitant par Redon et liée à un effet NDDL. Celà pour toute la Bretagne, la part des personnes prenant le train ou en descendant à Redon pour atteindre NDDL serait en rapport, au final, totalement marginale.
Il y a d'autres projets actuels dont une ligne TGV directe Rennes-Nantes avec arrêt à NDDL utilisant le tracé actuel et plongeant directement vers Nantes à hauteur de Masserac. Dans cette hypothèse c'est quasiment tous le trafic train Rennes Nantes via Redon qui disparaîtrait sauf quelques TER de desserte locale.
Les emplois indirects et induits, le développement de l'habitat ?
Il est maintenant clair que le projet ne vise pas principalement à répondre à une augmentation significative du transport passagers ou fret mais à diminuer les contraintes du survol de Nantes.
L'essentiel des emplois liés au transport aérien sur Nantes existe déjà, et croitra ou stagnera comme l'évolution du trafic, il n' y a que quelques centaines de vrais emplois nouveaux en jeu, au mieux un ou deux milliers à long terme liés au trafic aérien sur Nantes. Ce chiffre est peu important par rapport à l'évolution de l'emploi total dans l'agglo nantaise aéroport ou pas. Les entreprises installées sur les zones industrielles actuelles autour de Nantes Atlantique n'ont aucune raison particulière de migrer vers le nord car elles n'utilisent pas en général l'avion pour le fret. Quand elles le font (Airbus ) elles continueront à utiliser Nantes Atlantique qui restera ouvert au trafic fret comme Saint Nazaire avec alors des capacités quasi illimité de croissance au regard du trafic actuel et de ce que NNDL libérerait.
Les salariés travaillant directement à Nantes-Atlantique, quelques milliers, n'ont pas de vrais raisons de quitter l'agglomération nantaise pour venir habiter dans le pays de Redon. il ne parait pas sérieux d'imaginer que la proximité d'un aéroport pour leurs propres déplacement soient utilisé comme un argument pour décider des citoyens à venir habiter dans le pays de Redon, d'autant que celui-ci est bien moins accessible que les agglomérations situées le long des 4 voies entre Rennes Nantes Vannes et Saint Nazaire.
Conclusion : un bilan au mieux neutre au pire négatif.
Quand bien même, au delà de tout débat sur son utilité, cet aéroport se fait, alors un esprit raisonnable et cohérent doit conclure que cet aéroport aurait au mieux un effet neutre et peut être même un effet négatif sur le développement et l'économie du Pays de Redon. Tant bien même il y aurait globalement quelques effets positifs à en attendre, ceux se trouveraient repartis et dilués entre l'ensemble des territoires situés à la même distance ou plus de NDDL que l'est le pays de Redon soit : les pays de Blain , Derval, Nort sur Erdre Ancenis Savenay Pontchâteau et toute la banlieue Nord de Nantes. Tous ces territoires sont beaucoup mieux desservis en liaison routière avec l'aéroport que le pays de Redon; Si gâteau il y avait nous n'en n'aurions de toutes façon que des miettes, c'est la triste réalité de la géographie et du territoire tel qu'il a été aménagé depuis 50 ans.
On peut bien sur se comporter différemment et dire , "on ne sait pas trop comment, mais de toute façon l'aéroport ne peut être que bon pour nous" En tant de croissance forte, dire cela ne prête pas à conséquence car, même si c'est faux, d'autres forces assurent alors l'emploi et le bien-être collectif.
En tant de crise grave comme aujourd'hui, continuer à tenir un discours disant que l'aéroport peut être une solution même partielle aux problèmes du pays de Redon risque de devenir un discours dangereux porteur d'illusions et faux espoirs si c'est un discours faux. Les responsables du pays, de tous bords et quasiment unanimes jusqu'à aujourd'hui ont tenu ou relayé à la population le discours que NDDL est une aubaine pour le pays. Ils ont le devoir maintenant d'aller plus loin et de démontrer par des études argumentées que ces affirmations s'appuient sur autre chose que des croyances. Nul ne peut prétendre qu'il détient la vérité, et je ne le prétends pas mais chacun à le devoir de douter de ses croyances et de vérifier si ce qu'il croit est crédible avant de vouloir le faire partager à tous comme une vérité, voire de l'inscrire dans le marbre du SCOT et des PLU.
Les dernières semaines ont montré qu'en temps de restrictions financières les départements ont tendance à sabrer ou à reporter des investissement que le pays de Redon attends. Il faut aussi alors se demander si soutenir un projet comme NDDL et voter les crédits d'aménagements publics qui y sont liés ne risque pas au final de priver le pays de Redon d'aides financières pour ses besoins propres ?
Herve Le Bouler
Le fret avionné en 2008 à Nantes Bouguenais est de 9000 tonnes en baisse de 22 % car TNT opérateur international à abandonné Nantes durant l'année.
Ce fret représente environ un camion de 35 tonnes par jour autant dire quasiment rien.
Pourquoi un fret marchandise qui n'existe pas se développerait t'il alors que le commerce mondial est aujourd'hui en contraction et que les avions ne savent pas voler autrement qu'avec un pétrole à long terme toujours plus rare et cher ?. Si par miracle ce fret existait pourquoi viendrait t'il sur le pays de Redon et pour aller où ensuite alors que des liaisons routières rapides et directes existent déjà ou sont prévues dans toutes les directions à partir du site et dont aucune ne traverse le pays de Redon. ?
En permettant le désenclavement de Saint Nazaire, NDDL peut isoler le pays de Redon !.
l'accès routier à NNDL est prévu par le sud par un barreau de type autoroutier reliant la route Nantes-Vannes à hauteur de Savenay-Le Temple à la route Nantes-Rennes à hauteur de Grandchamp des Fontaines.
Ce barreau permettra la liaison autoroutière Saint Nazaire-Rennes sans devoir passer par l'engorgement actuel du périphérique Nantais. Le barreau complémentaire de Prinquiau déja décidé par le CG 44, déplacera lui,et en l'interdisant alors sur cet axe, le trafic poids lourd Pontchâteau-Donges partie intégrante de la liaison Saint Nazaire-Redon-Rennes. En conséquence il devient totalement incohérent pour un poids lourd de rejoindre Saint Nazaire à Rennes en passant par Redon et donc fait tomber l'argument de ce traffic pour demander l'amélioration des liaisons routières Saint-Nazaire-Rennes par Redon.
Redon plate forme train pour les destinations bretonnes vers NDDL.?
En France (ex Roissy) 10% des voyageurs utilisent le train pour rejoindre l'aéroport quand une desserte tain correcte existe.
Pour NDDL cela conduit à 350 à 400 000 passagers-an pour le train soit moins d'une rame TGV par jour, dont au moins la moitié via Nantes en provenance d'Angers- Le Mans et du sud-loire. On arrive à l'équivalent d'une demi-rame complète de TGV par jour transitant par Redon et liée à un effet NDDL. Celà pour toute la Bretagne, la part des personnes prenant le train ou en descendant à Redon pour atteindre NDDL serait en rapport, au final, totalement marginale.
Il y a d'autres projets actuels dont une ligne TGV directe Rennes-Nantes avec arrêt à NDDL utilisant le tracé actuel et plongeant directement vers Nantes à hauteur de Masserac. Dans cette hypothèse c'est quasiment tous le trafic train Rennes Nantes via Redon qui disparaîtrait sauf quelques TER de desserte locale.
Les emplois indirects et induits, le développement de l'habitat ?
Il est maintenant clair que le projet ne vise pas principalement à répondre à une augmentation significative du transport passagers ou fret mais à diminuer les contraintes du survol de Nantes.
L'essentiel des emplois liés au transport aérien sur Nantes existe déjà, et croitra ou stagnera comme l'évolution du trafic, il n' y a que quelques centaines de vrais emplois nouveaux en jeu, au mieux un ou deux milliers à long terme liés au trafic aérien sur Nantes. Ce chiffre est peu important par rapport à l'évolution de l'emploi total dans l'agglo nantaise aéroport ou pas. Les entreprises installées sur les zones industrielles actuelles autour de Nantes Atlantique n'ont aucune raison particulière de migrer vers le nord car elles n'utilisent pas en général l'avion pour le fret. Quand elles le font (Airbus ) elles continueront à utiliser Nantes Atlantique qui restera ouvert au trafic fret comme Saint Nazaire avec alors des capacités quasi illimité de croissance au regard du trafic actuel et de ce que NNDL libérerait.
Les salariés travaillant directement à Nantes-Atlantique, quelques milliers, n'ont pas de vrais raisons de quitter l'agglomération nantaise pour venir habiter dans le pays de Redon. il ne parait pas sérieux d'imaginer que la proximité d'un aéroport pour leurs propres déplacement soient utilisé comme un argument pour décider des citoyens à venir habiter dans le pays de Redon, d'autant que celui-ci est bien moins accessible que les agglomérations situées le long des 4 voies entre Rennes Nantes Vannes et Saint Nazaire.
Conclusion : un bilan au mieux neutre au pire négatif.
Quand bien même, au delà de tout débat sur son utilité, cet aéroport se fait, alors un esprit raisonnable et cohérent doit conclure que cet aéroport aurait au mieux un effet neutre et peut être même un effet négatif sur le développement et l'économie du Pays de Redon. Tant bien même il y aurait globalement quelques effets positifs à en attendre, ceux se trouveraient repartis et dilués entre l'ensemble des territoires situés à la même distance ou plus de NDDL que l'est le pays de Redon soit : les pays de Blain , Derval, Nort sur Erdre Ancenis Savenay Pontchâteau et toute la banlieue Nord de Nantes. Tous ces territoires sont beaucoup mieux desservis en liaison routière avec l'aéroport que le pays de Redon; Si gâteau il y avait nous n'en n'aurions de toutes façon que des miettes, c'est la triste réalité de la géographie et du territoire tel qu'il a été aménagé depuis 50 ans.
On peut bien sur se comporter différemment et dire , "on ne sait pas trop comment, mais de toute façon l'aéroport ne peut être que bon pour nous" En tant de croissance forte, dire cela ne prête pas à conséquence car, même si c'est faux, d'autres forces assurent alors l'emploi et le bien-être collectif.
En tant de crise grave comme aujourd'hui, continuer à tenir un discours disant que l'aéroport peut être une solution même partielle aux problèmes du pays de Redon risque de devenir un discours dangereux porteur d'illusions et faux espoirs si c'est un discours faux. Les responsables du pays, de tous bords et quasiment unanimes jusqu'à aujourd'hui ont tenu ou relayé à la population le discours que NDDL est une aubaine pour le pays. Ils ont le devoir maintenant d'aller plus loin et de démontrer par des études argumentées que ces affirmations s'appuient sur autre chose que des croyances. Nul ne peut prétendre qu'il détient la vérité, et je ne le prétends pas mais chacun à le devoir de douter de ses croyances et de vérifier si ce qu'il croit est crédible avant de vouloir le faire partager à tous comme une vérité, voire de l'inscrire dans le marbre du SCOT et des PLU.
Les dernières semaines ont montré qu'en temps de restrictions financières les départements ont tendance à sabrer ou à reporter des investissement que le pays de Redon attends. Il faut aussi alors se demander si soutenir un projet comme NDDL et voter les crédits d'aménagements publics qui y sont liés ne risque pas au final de priver le pays de Redon d'aides financières pour ses besoins propres ?
Herve Le Bouler
Commentaires
Monsieur,
Vous ne prenez en compte que le côté "commercial" dans votre analyse mais vous devez savoir que l'aéroport de NA, côté nord, n'est pas équipé de l'ILS qui permet l'atterrissage sans visibilité. De plus l'arrivée actuelle n'est pas dans l'axe de la piste pour cause de survol du centre ville et de la présence de la Tour Bretagne situé dans cet axe.
Au 21ème siècle est-il acceptable que cet aéroport soit techniquement sous équipé? et qui prendra la décision de faire survoler la Tour après l'accident du 11 septembre? .. Mais chut...personne ne veut en parler!
je suis d'accord avec vous sur le fait que deux pistes à NDDL ne sont peut-être pas judicieuses dans l'immédiat. Avec une seule piste sur 900 ha, tout en préservant une extension future, on limiterait les conséquences. mais là non plus personne ne fait de contre-proposition raisonnable.
Beaucoup parlent d'ILS mais peu savent comment ça fonctionne alors j'ai
pris le manuel du débutant et j'ai cherché à comprendre
*guidage Horizontal*
A partir de deux balises jumelles LLZ et LOC situées à 300 m en amont
dans l'axe de l'extrémité de la piste donc côté st Aignan pour une
arrivée Nord, avec un angle de 5°
*Guidage vertical*
A partir de deux balises GLIDE PATH situées sur un mât placé à 350 m de
l'extrémité de la piste côté nord et 150 m à l'écart , un jeu de deux
balises émettent sous un angle de 3° avec un balayage de 0,3 ° pour
l'une et de 0.5 ° pour celle qui est inférieure
*Controle de la hauteur;*
les pilotes reçoivent une information sur leur position à partir de
MARKERS situées à 75 m , 1050 m et 7200m de l'extrémité de la
piste. Elles donnent les mêmes indications que le PAPI mais sont
disponibles au tableau de bord.
- mais cette installation nécessite* l'arrivée dans l'axe donc le
survol de la tour; Avec un sinus 0.05234 la hauteur de survol de la
tour (à 4000 m environ ) serait de 209 m soit 600 pieds donc
supérieure aux 502 mini, . mais qui prendra la responsabilité
d'imposer ce survol?
-Côté St Aignan l'émetteur ne peut pas émettre sur une zone dégagée
puisque le profil en long est défavorable
j'ai aussi regardé la VOR/ DME .qui est actuellement en service. La DME est certainement fiable
puisqu'elle donne une indication de distance au pilote , quant à la
VOR cela me parait très rudimentaire
cordialement
andré Durfort
Très bien Mr DURFORT ces explications techniques, que je ne doute pas, vous avez potassé sérieusement . Mais la question n'est pas là ?
Elle est / Est-ce possible de revoir un réaménéagement de Nantes-Atlantique (puisqu'elle permettrait d'éviter le survol de Nantes -et de sa tour par le fait- qui est le principal souci admis par chacun -y compris par les opposants à NDDL ) en faisant une piste transversale Est-Ouest à celle existante aujourd'hui qui est Nord-Sud ?
On continue malheureusement d'ignorer la demande pourtant insistante de ceux qui posent la question !
Je peux vous certifier que cette étude de piste transversale n'a jamais été SERIEUSEMENT étudié . Et pourtant, si ce projet alternatif était réalisable, il permettrait probablement de réaliser de substantielles économies ! Pourquoi ne veut-on rien savoir ? sI vous avez la réponse Mr DURFORT, dites-le nous alors !
Merci à vous.
Christophe
Un citoyen du Pays de Redon qui doute BEAUCOUP de la PERTINENCE de NDDL