Réunification : après le rêve… la réalité
Par JF Lugué le dimanche 8 mars 2009, 22:05 - Lien permanent
Il y a tout d’abord ce sondage de Ouest-France de samedi : finalement les « ouestons » ne veulent pas changer des limites administratives actuelles… même en région Bretagne (B4). L’enthousiasme des « réunificateurs » (dont je suis) est un peu refroidi. Le peuple n’est pas pour le changement semble-t-il… J'ai d'ailleurs un peu de mal à comprendre ce revirement de situation alors que tous les sondages précédents montraient que les habitants de la Loire-Atlantique comme le reste des bretons étaient pro-réunification (aux 2/3 des sondés à chaque fois).
C’est un poncif de dire que beaucoup de citoyens sont aujourd’hui inquiets pour leur avenir et celui de leurs enfants. La réforme des institutions territoriales en France relève pour beaucoup de nos concitoyens de quelque chose de futile face aux difficultés vécues ou craintes. « Pas touche à l’Etat » plus que pas « touche à ma Région » semblent-ils dire. Les incertitudes qui pèsent sur une réforme administrative (aux conséquences mal évaluées) se rajoutent aux inquiétudes sur l'avenir. L’agitation politique de Sarkozy étant globalement rejetée par la population, le statu quo paraît encore la moins pire des perspectives. Cela se vérifie notamment chez les jeunes. J’avais à ce titre été frappé lors de la réunion publique à Rennes (le 15 mars dernier) lors de la venue de José Bové et Daniel Cohn-Bendit d'observer que les jeunes qui m’entouraient n’avaient absolument pas bronché lorsqu’il avait été question à un moment de la soirée, par le député Vert François de Rugy, de la réunification… Les seuls applaudissements semblaient venir des têtes grisonnantes.
Alors, faut-il que nous laissions tomber l’affaire après ce sondage qui sera bien évidemment sciemment utilisé par les anti-réunification ? Le maire de Nantes ne devrait pas tarder à faire une déclaration indiquant qu’il est urgent de … ne rien changer.
Plus que jamais, il convient de parler de projet… Un projet régional pour la Bretagne, mais aussi un pour chaque autre région qui nous entoure : la Normandie et le « Val de Loire » et le « Poitou-Charentes ». C’est notre seule chance pour sortir de ces crispations. Sans projet évidemment, la réforme des territoires n’a pas de sens. Les forces conservatrices (à gauche comme à droite) sont sans doute plus importantes qu’ imaginées au départ. Il faut les prendre en compte et acculer le gouvernement, les collectivités départementales et régionales à organiser des consultations populaires où pourront être réalisés de vrai débats- citoyens sur cette question importante de l'espace régional...
JF
ci-dessous le communiqué de Bretagne -réunie
(plus enthousiaste que le mien!)
NANTES/NAONED — Le quotidien Ouest France, dans ses pages « pays de la Loire » du 7-8 mars, nous dévoile les résultats d'un sondage réalisé par l'Ifop, à sa demande et titré, à la suite de celui-ci, « Touche pas à ma région » en mettant en avant les pourcentages favorables à ce qu'il appelle l'immobilisme.
Au delà d'une info, somme toute banale du fait du contexte économique et de la morosité de nos concitoyen(ne)s, celui-ci nous transmet 3 véritables informations :
— La première c'est que 52 % des sondés de la région Bretagne administrative
font preuve de bon sens, et de modernité en se déclarant favorables à la
refonte de nos régions et de nos administrations, laissant ainsi la possibilité
à notre entité de recouvrer son département : la
Loire-Atlantique.
C'est un véritable camouflet qu'infligent les Bretonnes et les Bretons, à la région des PdL puisque cette dernière a toujours basé sa quête de légitimité en associant « sentiment d'appartenance » et « repli sur soi ».
S'il fallait une preuve que nous étions ouverts sur le Monde…la voilà !
— La deuxième information, et de loin la plus intéressante, que nous livre ce
sondage, c'est que la réunification de la Bretagne apparaît,
pour les Breton(ne)s de la région historique, comme le meilleur
projet dans le cas où le gouvernement prendrait la décision de réduire
le nombre de régions dans le nord-ouest de la France.
— La dernière est que les habitants des 2 régions administratives, Bretagne et
PdL, sont hostiles à une mutualisation de ces deux régions et qu'ils sont
farouchement opposés à un « Grand
Ouest » qui reste, de fait, une vision fantasmagorique de
quelques acteurs politiques locaux.
Enlevons la question subsidiaire « Souhaitez-vous rester dans la situation
actuelle ? » qui appelle une réponse favorable à
l'immobilisme et aux réflexes sécuritaires. La réunification reste donc la
solution pour une Bretagne belle, prospère, solidaire et ouverte sur le
monde.
L'asssociation Bretagne Réunie est heureuse que notre sentiment d'appartenance soit enfin réhabilité. Elle espère que l'appel lancé, par les Bretonnes et les Bretons le 10 février dernier à Paris, sera entendu par l'Élysée, qui va devoir faire preuve de talent et de courage pour prouver que nos régions doivent devenir les partenaires privilégiés du monde économique et par conséquent des Françaises et des Français.
Le secrétaire du Comité local nantais, Paul LORET ■