De nouveaux logements sociaux à Redon: une opportunité ratée sur le plan écologique
Par JF Lugué le mercredi 6 mai 2009, 22:53 - Lien permanent
S'il fallait recenser toutes le
opportunités ratées sur le Pays en matière d'habitat et particulièrement
d'habitat social, nous n'aurions pas fini.... J'ai assisté à l'inauguration
lundi 4 mai de quelques 34 logements locatifs construits par habitat 35, c'est
à dire sous la tutelle du département d'Ille et Vilaine. Ces logements font
partie des occasions ratées.
L'inauguration, réunissant élus, professionnels de l'action sociale et habitants, a débuté par une visite chez les habitants. Etant arrivé sensiblement en retard j'ai pu discuter de manière un peu plus privilégiée avec les nouveaux habitants après avoir visité un logement. Des habitants dans l'ensemble plutôt satisfaits de leur nouveau logement : bon voisinage, bon quartier et logement propres.
Pour ce qui est du reste, les avis ont été plus que contrastés : assez sonore et des défauts dans la construction (volets très déformables et sensibles au vent).En poursuivant l'entretien, certains locataires craignaient d'avoir à payer une note de chauffage particulièrement salée pour l'hiver (malgré le provisionnement par mois d'environ 50€).
Donc des logements sociaux neufs mais sans dimension écologique... la norme quoi! Pourtant quel enrichissement pour les habitants de ces quartiers si on avait pu imaginer par exemple, la mise en place d'une chaufferie au bois déchiqueté pour tous ces logements!.. (aucune expérience de type en Pays de Redon). L'occasion aurait pu être intéressante de chercher à mettre les habitants de ces logements en connection avec les éléments naturels: proposer des petits jardins à la place de ces étendues depelouse.... Récupérer un peu d'eau de pluie pour les toilettes. Non, rien de tout ça...
Le département d'Ile et Vilaine communique pourtant beaucoup avec ces administrés sur le respect de l'environnement. En gallo on dit : "des grands causous, mais des p'tits faisous".
Commentaires
"des grands causous, mais des p'tits faisous".
OK. Que fais-tu ? Comment ?
Amicalement
Anne Pat'
Hello Anne,
Mon article n'est pas polémique. Je veux tout simplement dire qu'il faut désormais changer nos regards sur le "logement social". Proposer des logements propres et neufs, c'est bien, mais proposer des logements écologiques c'est mieux car cela donne davantage de sens au social... Un certain nombre d'expériences ici ou là (malheureusement très rares en Bretagne) nous enseignent que des logements écologiques (il faudrait qu'on s'accorde sur le terme) peuvent véritablement donner sens au mot "habitat" qui, on est bien d'accord, est distinct des "logements"... En l'occurrence, j'ai le sentiment que "habitat 35 " a plutôt mis sur pied des logements... La critique est facile me diras-tu... Qu'est que j'aurais fait ? Eh bien je crois que j'aurais commencé par réunir différents acteurs : de futurs locataires ou propriétaires, la ville, la Cades (dans lequel travaille un groupe autour de l'éco-habitat), des professionnels de l'habitat (comme la coop de construction), des associations (comme empreinte), etc..... Bref, rassembler un certain nombre de personnes et leur poser la question: "et si on construisait un projet de lotissement social autrement?" en illustrant de quelques exemples... Je ne suis pas naïf, cela aurait bien évidemment nécessité de l'investissement personnel pour l'élu en charge d'un tel dossier (qui ne devrait pas se permettre donc de faire trop de cumul...) En serait sorti, je crois un bon projet, qui peut-être aurait pu ou pourrait faire école. ... Il n'est pas trop tard!
J'attends ta réaction... tu as certainement des choses à dire!
Bonjour Jean François. La polémique ne m'intéresse pas non plus.
Ma réaction, un peu rapide, a été provoquée par mon impatience : je trouve que, à Redon, sur un certain nombre de sujets, le "milieu de ceux qui s'expriment" ne dépasse pas l'incantation. Par exemple, nous semblons tous d'accord pour penser que le Pays est bien placé pour développer une filière d'éco-construction...
- Première remarque : en est-on si sûr ? comment en est-on si sûr ?
- Deuxième remarque : admettons que nous soyons culturellement, naturellement... en bonne position pour développer une filière de ce type, comment faisons nous ? Comment définissons nous un projet ? pour quelles productions ? avec quelles ressources, quels matériaux ? pour quels marchés ? dans quelle économie ? avec quels entrepreneurs ? Comment préparons-nous les compétences ? Comment créons-nous ou soutenons-nous les entreprises ?... Qui s’y colle (pas pour parler, pour faire) ?
- Troisième remarque : de mon point de vue, la question du statut des entreprises est secondaire. Je ne veux pas dire qu'elle est sans importance. Il me semble qu'elle est trop souvent posée comme un préalable idéologique. Association, coop et autre version de l'entreprise sociale et solidaire... il s'agit d'abord d'entreprendre (pur produit de l’économie sociale et solidaire, je sais de quoi je parle). Après, on peut se poser la question du statut, c’est à dire des modalités de "gouvernance" de l'entreprise (et là, j'ai plein d'idées).
- Enfin, en ce concerne la participation des habitants (ou des futurs habitants), je suis convaincue de son intérêt. Je suis professionnellement amenée à évaluer des dispositifs du type « comité des usagers », « conseil de quartier » etc… La question des méthodes de création et d’animation de telles entités est complexe : « presque tout » reste à inventer. Je pense d'ailleurs que l'on pourrait aller plus loin et creuser la question de l'auto-construction assistée.
Il n'en reste pas moins que tu as raison de pointer l'absence de créativité des programmes actuels. On est d'accord, un peu d'audace ne nuirait pas à l'environnement.
Voilà rapidement mes réactions « à chaud ». Il serait sans aucun doute plus intelligent d’y travailler « à froid » et dans une visée constructive. Mais, il ne faut pas trop tarder, la situation économique du Pays est inquiétante.
"C'est au pied du mur qu'on voit le maçon", n'est-ce pas ?
Amicalement
Anne,
sans prendre bcp de temps pour te répondre (il faut mener campagne!), voici quelques commentaires à ton courrier (plus explicite celui-là....).
Est-on sûr d'une dynamique autour de l'éco-construction en Pays de Redon ? Je te réponds sans détour : oui! J'ai eu l'occasion de m'intéresser à ce sujet depuis une dizaine d'années (ayant été moi-même dans une démarche de construction écologique). Je peux dire que le paysage a radicalement changé et que les compétences fleurissent! (cf soirée organisée sur l'éco-construction par la CADES, récemment à Manivel cinéma). L'idée est donc de mettre tout cela en partition pour que le Pays de Redon couvre lui-même les besoins actuels et futurs.
La véritable question , n'est pas de savoir comment on va faire cela (il y a tellement de paramètres et de facteurs humains à rentrer en ligne de compte!), mais la question est de savoir si on a la volonté politique de s'y engager ! J'ai sans doute la prétention de dire que les "alternatifs" ont certainement un peu plus d'expérience et de conviction que d'autres pour engager ce genre de démarche (participative et écologique)...
Que des candidats du PS ou d'ailleurs réclament que Redon devienne "pôle d'excellence environnementale" et veulent encourager l'éco-construction, c'est bien. Mais ils auraient peut-être été plus crédibles, à mon avis, en réclamant d'ores et déjà (auprès de leurs amis du même parti qu'eux), dans les constructions en cours de réalisation, des orientations écologiques.
Tout le monde connaît la ville de Friburg en Allemagne pour son exemplarité écologique et sociale.
De la gauche, jusqu'à la droite, tout le monde va visiter cette ville... Quels sont ceux qui s'interrogent sur la couleur politique de la municipalité de Friburg ? Elle n'est ni rouge, ni rose, ni orange, ni bleue ......................