Les plaintes étouffées de la prison d'Izmir .......ça se passe en 2009
Par JF Lugué le mercredi 28 octobre 2009, 22:39 - Lien permanent
Rappelez vous, j'ai évoqué sur ce blog la détention de l'ami
Kadir,ex-redonnais incarcéré dans des quartiers de haute sécurité
(type F) en Turquie. L'association des amitiés kurdes de Bretagne poursuit son
travail d'information et de sensibilisation. Je relaie volontiers ici les échos
sur les plaintes contre la prison d'Izmir, prison dans laquelle est incarcérée
Kadir.
64 détenus de la prison d'Izmir ont porté plainte devant Monsieur le
Procureur de la République contre le Directeur de la prison, son adjoint, le
psychologue et deux responsables des relations sociales, coupables, à leur
yeux, d'outrepasser les droits que leur confèrent leurs fonctions : ces
personnels pénitenciers s'arrogeraient de pouvoirs arbitraires et
exorbitants.
Tous ces détenus sont incarcérés, en cellule d'isolement, depuis de longs mois,
voire depuis des années, dans les quartiers de haute sécurité d'Izmir de type F
dont la mise en place était, aux dires des autorités turques, justifiée pour
les raisons d'ordre politique, juridique, sanitaire ou sécuritaire mais qui
sont, en réalité, une autre façon de condamner à la peine de mort des hommes et
des femmes enfermées pour des raisons politiques en les détruisant mentalement
et physiquement. Cette situation carcérale qui favorise toutes les brimades,
humiliations, mauvais traitements de la part d'un personnel qui peut agir en
toute impunité est connue et a fait l'objet, dans les années 2000, de
mouvements de protestation qui ont causé la mort de plus d'une centaine de
"grévistes de la faim". Mais rien n'a changé. Les faits dénoncés sont
gravissimes : " les mauvais traitements vont croissant et les droits détenus,
même ceux prévus parle législateur, sont bafoués, les sanctions disciplinaires
pleuvent et sont infligées de façon arbitraires, émanant d'une autorité
invisible ; les demandes concernant les besoins les plus humains ne sont pas
satisfaites et nous font craindre pour notre vie ; le chaos étant permanent et
l'anonymat la règle, les décisions notifiées ne sont pas signées ; cette
situation influe sur notre psychisme et l'attitude méprisante et menaçante des
responsables psycho-sociaux ne fait qu'aggraver les tensions"; aucun dialogue,
aucun lien social, aucun droit à réclamation : silence, toi, "le poseur de
bombe". Les plaintes précédentes n'ont pas abouties et les responsables mis en
cause n'ont jamais été entendus par un juge, ce qui revient à dire qu'ils
agissent sous couvert de l'autorité judiciaire. Les plaintes de 64 détenus de
la prison d'Izmir, dont nous connaissons les identités, nous rappellent que ce
système carcéral perdure avec son cortège d'exactions maintes fois dénoncées.
M. le procureur de la République de Turquie, saisi de l'affaire, a rendu son
verdict
1- sur la responsabilité du directeur et du directeur adjoint de la
prison
2- sur la responsabilité du personnel psycho-social de la prison...
Il y a lieu au nom de l'intérêt public de prononcer un classement sans suite.
La présente décision sera notifiée aux plaignants et aux mis en cause.
André Métayer