Souvenirs d'un enfant de choeur...
Par JF Lugué le dimanche 1 novembre 2009, 21:58 - Lien permanent
Après ses souvenirs de rentrée, Hervé Le Bouler nous offre quelques souvenirs de lui enfant de choeur. Qui a dit que les enfants de choeur étaient sages ?...
Quand j'avais 5 ans , je me suis trouvé orphelin de père ( le virus h5n1, grippe asiatique cuvée 1958 ç'a ne s'invente pas !!) , les bonnes sœurs d'Elven se sont occupées de moi et me gardaient le jeudi et le soir après l'école. Elles fabriquaient des hosties à l'emporte pièce, des petites des grandes avec du pain azyme, et moi je me goinfrais des chutes. C'était avant Vatican 2 , il y avait bien un petit doute sur la légalité du truc mais, tant que le curé n'était pas au courant çà passait. Braves bonne sœurs en mal d'enfant, qui me couvraient de tendresse....Quelques années plus tard, ça à par contre tourné vinaigre avec le curé de Saint Avé près vannes, j'étais enfant de cœur, servant à la grand messe.
La classe !! Avec les pourliches des mariages et les baptêmes je me faisais
des bonus de traders.
J'avais développé un goût certain pour le vin de messe, un petit sauterne qu'il
faisait venir de sa famille dans le bordelais et que je lichais en douce
avant la messe en remplissant les burettes .
Jusqu'au jour ou le curé suspicieux a fait une marque au crayon sur la
bouteille. Avec mon pote ( les enfants de cœur sont comme les flics et les
espions chinois il vont par deux) on s'en est rendu compte trop tard après
avoir vidé un bon verre à vin chacun . Comment remettre à niveau la
bouteilles dans une sacristie sans eau ? en produisant le seul liquide
disponible d'origine naturelle de couleur un peu jaune que nous pouvions
emmettre instantanément. Le sang divin a eu un drôle de goût ce dimanche
là!
Outre la volée de baffes ecclésiastiques après la messe ( redoublées par
la mère à la maison ), j'ai été condamné à servir la messe de 6 heures pendant
trois mois et à me taper tous les enterrements, fins les gras pourboires et
bonus des mariages et enterrements (pour les peu cultivés ou les plus
jeunes, sachez que les primes servaient initialement à payer l'effort du tireur
de cloches et que sonner un glas à la petite cloche c'est un boulot de
feignant , par contre mettre en branle tous les carillons pour un mariage ou un
baptême, nécessitait un gros boulot, d'où le pourboire.
L'électrification des cloches dans les années 50 avait certes nivelé les
différences d'intensité physique, mais vous savez ce que c'est : les avantages
acquis .... )
Dégouté de constater que travailler plus ne rapportait plus rien,
je suis devenu de gauche par réaction.
Commentaires
Trop bien les histoires à Hervé Le Bouler . Vivement qu'il en publie d'autres, car je crois savoir qu'il en a un sacré répertoire ...presque aussi conséquent que ce qui peut raconter sur les Arbres ! C'est dire !!!
Après http://lhomdesbois.blogspot.com/ il va falloir qu'il ouvre un autre blog sur le thème " Les espiègleries d'un enfant de coeur... "!