Kadir Dilsiz (Kader) envoie un poème à ses amis Bretons
Par JF Lugué le mercredi 6 janvier 2010, 21:19 - Lien permanent
Kader vient de faire parvenir à l'association "amitiés kurdes de Bretagne" un poème qu'il dédit à ses amis Bretons. Bien évidemment ce texte a été rédigé en Turc à l'origine pour pouvoir passer la censure. Le traducteur indique avec humilité : "j'ai essayé d'être le plus fidèle possible en espérant que la traduction française qui respecte le style d'un texte écrit en turc est néanmoins compréhensible". Voici sa lettre que j'ai trouvé très bouleversante:
Le 27 décembre 2009, aux Ami (e)s Breton(ne)s,
L'embastillé, lorsqu'il porte sa tête à son oreiller, ne rencontre nulle étoile à contempler, nulle cité dans les rues de laquelle il pourrait se perdre, mais son cœur trouve toujours, tel un papillon, un espace où se poser : une fleur, peut être, un autre cœur et, pourquoi pas, un pays dont il pourrait sillonner librement les rues. Pendant ces nuits, isolé, le détenu est partout sauf dans sa cellule. Il est parmi la foule, alors qu'il suit les pas des petits généraux dans les rues et sur les boulevards des villes, tout à coup il se reflète sur un visage noirci d'un mineur. Sans jamais ressentir de fatigue, il chemine; la nuit est longue et tout autant mystérieuse. Le condamné, tel un Prophète, sillonne mystérieusement la planète d'un bout à l'autre.
Et maintenant, dans une tente héritage des sociétés claniques, on le
retrouve aux côtés de ses amis bretons. Le vin est dégusté, à la lumière de la
lune; on danse des danses celtiques autour d'un feu. L'âme unificatrice et
réunificatrice du feu, cette qualité qui lui est intrinsèque, se revigore. Les
travailleurs se fatigant sont en train de penser à la journée de labeur du
lendemain et, alors qu'ils se retirent dans leur coin, le prisonnier, lui,
continue son voyage.
Nombreux sont les lieux où nous ne pouvons aller, nombreux sont les
cœurs d'opprimés, de héros et de guerriers dont nous ne pouvons pas être les
hôtes. Nous n'avons pu suivre l'écoulement que de quelques cours d'eau. Mais la
vie ne se résume pas qu'à cette nuit; ce court voyage n'était que le premier de
cette première nuit. Plus les nuits s'enfonceront dans l'obscurité, et plus les
détenus, allumant dans leurs réflexions libres un flambeau, les éclaireront et
ruisselleront vers l'éternité et la liberté. Dans ce périple, le temps,
l'espace, l'obscurité, les barbelés, les frontières et tout ce qui emprisonne
l'être perdent tout leur sens. Le bagnard crée sa liberté à travers ses
pensées, et aucune puissance ne pourra jamais limiter l'esprit ou bien le
menotter...
Mes amis bretons seront à jamais dans mon cœur.
« AU NOM DE NOS MEILLEURS SOUVENIRS »
J'envoie mes remerciements et mes salutations les plus infinies
(traduction littérale du turc, laissé comme tel, car le terme est assez
fort) à tous ».
A. Kadir DILSIZ
Direction du centre d'exécution des peines
de type F n°2 d'IZMIZ
VU
27/12/2009
Commentaires
J'ai connue kadir dans le net et puis après il est venu travailler a bruxelles, Kadir s'est une personne très gentils d'un caractère très calme il aime la vie et la technologie s'est un as sur un ordinateur, c'est le genre de personne qui ne ferait pas de mal a une mouche.. J'espère de tous mon coeur qu'il sera libère très prochainement (((