Et maintenant, dans une tente héritage des sociétés claniques, on le retrouve aux côtés de ses amis bretons. Le vin est dégusté, à la lumière de la lune; on danse des danses celtiques autour d'un feu. L'âme unificatrice et réunificatrice du feu, cette qualité qui lui est intrinsèque, se revigore. Les travailleurs se fatigant sont en train de penser à la journée de labeur du lendemain et, alors qu'ils se retirent dans leur coin, le prisonnier, lui, continue son voyage.
Nombreux sont les lieux où nous ne pouvons aller, nombreux sont les cœurs d'opprimés, de héros et de guerriers dont nous ne pouvons pas être les hôtes. Nous n'avons pu suivre l'écoulement que de quelques cours d'eau. Mais la vie ne se résume pas qu'à cette nuit; ce court voyage n'était que le premier de cette première nuit. Plus les nuits s'enfonceront dans l'obscurité, et plus les détenus, allumant dans leurs réflexions libres un flambeau, les éclaireront et ruisselleront vers l'éternité et la liberté. Dans ce périple, le temps, l'espace, l'obscurité, les barbelés, les frontières et tout ce qui emprisonne l'être perdent tout leur sens. Le bagnard crée sa liberté à travers ses pensées, et aucune puissance ne pourra jamais limiter l'esprit ou bien le menotter...

Mes amis bretons seront à jamais dans mon cœur.
« AU NOM DE NOS MEILLEURS SOUVENIRS »

J'envoie mes remerciements et mes salutations les plus infinies (traduction littérale du turc, laissé comme tel, car le terme est assez fort) à tous ».

A. Kadir DILSIZ

Direction du centre d'exécution des peines
de type F n°2 d'IZMIZ
VU
27/12/2009