Excellent article de réflexion ce jour sur l'accident nucléaire du Japon dans le journal Le Monde. L'auteure (Agnès Sinaï) présente à mon avis de manière claire les enjeux philosophiques et politiques qui font suite à cet évènement. Le nucléaire à mon avis cristallise 2 visions distinctes de notre avenir. Soit on poursuit la fuite en avant (avec notamment une addition salée pour les générations à venir qui devront gérer le risque des déchets radioactifs), soit on veut "Sortir du Nucléaire" et on passe nécessairement par une phase de transition délicate mais tellement plus exaltante sur le plan démocratique!

extraits de l'article :

"La consommation et l'étourdissement de masse étant devenus un état de nature au cours de la deuxième moitié du XXesiècle, les fournisseurs d'électricité nucléaire ont revêtu les paillettes d'une "movida" mondiale présentée comme force d'émancipation. La récente publicité -d'Areva ne montre-t-elle pas une centrale nucléaire à proximité d'une plage imaginaire, semblable à Copacabana ou à Sendai avant le tsunami, où bat son plein une fête au son d'une techno lobotomique ?

L'anthropocène, c'est aussi cela : une ère d'exubérance qui abolit l'angoisse, où l'automobile et l'écran plat sont devenus des droits humains fondamentaux. Une ère d'addiction, où la production de moyens est devenue la fin de l'existence. Une ère d'accélération, où la croissance, qui repose sur le cycle sans fin de la production et de la consommation, doit produire toujours plus d'objets inutiles pour ceux qui en ont déjà trop. C'est la logique même du productivisme."

le reste de l'article:

Fukushima ou la fin de l'anthropocène