Cependant , si elle est mal appliquée, cette taxe peut s’avérer particulièrement injuste. Nous craignons qu’elle vienne entamer les finances des foyers les plus démunis, qui se chauffent au chauffage électrique dans des logements mal isolés et que ces foyers subissent ainsi une triple peine.

Aussi , nous proposons que cette taxe soit progressive. L’idéal aurait été qu’elle soit fixée en fonction du taux d’imposition des ménages, c’est à dire que les ménages non imposés soient exemptés de cette taxe. Malheureusement il semble que la loi n’offre pas cette possibilité.  Par ailleurs nous proposons qu’en face des recettes espérées pour cette taxe figure au moins la même somme (dans la colonne des dépenses) qui soit consacrée à des investissements sur les économies d’énergie de la ville.

Un cercle vertueux pour une moindre dépendance des énergies nucléaires et fossiles serait ainsi engagé par notre collectivité tout en préservant l’équité de traitement de nos concitoyens. Nous aurons toutes les garanties que cette taxe soit au bénéfice des intérêts de la ville, et de la planète.

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article de OF Redon le 29/03/2011

Redon était la seule commune d'Ille-et-Vilaine à ne pas appliquer la taxe locale sur l'électricité. Au 1er janvier 2012, ce ne sera plus le cas. Son taux reste à définir. Mais elle fait déjà débat.

La polémique

La taxe locale sur l'électricité ? Pas une nouveauté. Elle a été instituée... en 1926 ! Il s'agissait alors de financer la création de réseaux électriques. L'époque est révolue, mais la taxe est restée sur les factures. Sauf à Redon. Une exception en Ille-et-Vilaine.

Elle touche à sa fin. La Ville va devoir l'appliquer à partir du 1er janvier 2012. Pas une lubie municipale, plutôt une obligation de mise en conformité légale. « Une directive européenne fait que cette taxe n'est plus facultative », résume le maire, Vincent Bourguet.

Une ressource supplémentaire...

Reste une possibilité. La Ville doit déterminer un taux de 0 à 8 % pour cette taxe. En décidant d'un taux nul, elle exonérerait les consommateurs. Cela n'en prend cependant pas le chemin. La Ville a besoin de ressources supplémentaires.

La taxe pourrait lui apporter entre 32 000 € (taux à 1 %) et 261 000 € (taux à 8 %) par an. Selon les projections présentées par la Ville, l'addition pourrait s'élever au maximum pour un couple avec trois enfants dont la maison est chauffée à l'électricité à 85,75 € par an. Les entreprises ou les administrations pourraient payer 133,65 € par an.

Vincent Bourguet voit plusieurs vertus à cette taxe. La première ? « Les efforts que la Ville mène ne doivent pas reposer que sur les ménages. Cette taxe est une façon d'y associer les collectivités, les entreprises... » Ensuite, « la taxe est assise sur la consommation d'électricité. Moins on consomme, moins on paye. »

« De l'écologie punitive »

Des arguments qui ne convainquent pas le conseiller municipal d'opposition, Francis Macé. Pour l'élu de gauche, « cette taxe est injuste. Le consommateur n'a pas le choix. Et ce sont encore les revenus modestes qui vont être pénalisés. »

Et ne lui parlez pas d'une taxe « éco-citoyenne ». « C'est de l'écologie punitive ! Il vaudrait mieux aider les gens à bien isoler leur logement pour consommer moins d'électricité », avance Francis Macé. Dans les rangs de l'opposition, tous les élus ne sont pas aussi catégoriques.

Jean-François Lugué, d'Europe écologie - Les Verts - UDB, avance un propos plus nuancé que son voisin :« Cette taxe repose sur la consommation, pas sur l'abonnement. C'est une bonne chose. Mais il faudrait trouver un moyen d'exempter les ménages non imposables de cette taxe. »

Surtout, il pose un préalable : « Il ne faut pas que ces recettes supplémentaires servent à boucler le budget de la Ville. Ce serait une erreur. » Et l'élu d'opposition de proposer que les fonds ainsi levés soient consacrés à des investissements sur les économies d'énergie.

Vendredi soir, lors du conseil municipal, le débat en est resté là. La Ville à jusqu'au 1er octobre pour définir le taux retenu. La discussion est loin d'être close. Vincent Bourguet l'a annoncé, « on y reviendra ».