Que penser du succès de l'album "bretonne" de Nolwenn Leroy ?
Par JF Lugué le vendredi 8 avril 2011, 23:04 - Lien permanent
On pouvait s'attendre à ce qu'une polémique éclate après les 500 000 albums
vendus de Nolwenn Leroy... C'est fait. Le journal
le Nouvel Observateur égratigne une des égéries de la chanson française.
L'ensemble du discours pamphlétaire de l'article me semble dans la lignée d'une
certaine tradition humoristique iconoclaste qui aime casser le politiquement
correct. Cependant , la citation d'un député UMP, que semble partager l'auteur
de l'article m'indispose particulièrement :
"'image de la France rurale, l'image de la France des terroirs et des
territoires" .
Bref, une fois de plus, les journalistes parisiano-centrés se croient les plus
malins en renvoyant à la figure des Bretons des clichés surannés: ploucs,
bouseux, gentils, passéïstes, ..... Le retour de manivelle ne s'est pas fait
attendre: l'intéressée (N. Le Roy), se dit consternée par l'article ainsi que
de nombreux internautes qui y voient une atteinte à l'intégrité de leur
sentiment identitaire breton. Je ne m'étendrai donc pas là dessus : qui sème le
vent ....
Venons en au fond de l'affaire. Nolwenn Le Roy est-elle l'opportuniste qui fait
des sous en recyclant les vieux standards de la musique bretonne?
Personnellement je ne le pense pas. Bien que n'étant pas du tout fan de
l'album, j'ai trouvé dans les interviews de Nolwenn Le Roy une certaine
sincérité dans sa démarche et c'est là pour moi l'essentiel. L'album n'apporte
pas grand chose à la musique bretonne (arrangements classiques proches
d'ailleurs des originaux de Stivell et Tri Yann pour les 2 plus connus, un peu
moins pour l'hymne breton "Bro gozh ma zadoù") mais la chanteuse rend un juste
hommage à tous les acteurs de la musique bretonne d'hier et d'aujourd'hui.
Et pour moi c'est ce qui fait la force de cet album. Nolwenn Le Roy reste
très humble face au succès et se positionne comme témoin. Elle est attirée
sincèrement par la Bretagne et sa musique. Je regrette évidemment beaucoup
qu'il faille passer par les réseaux médiatiques parisiens pour faire entendre
du breton aux jeunes.
Nolwenn Le Roy "ânonne", comme le disent certains journalistes, la langue
bretonne ? La remarque doit venir d' experts alors, mais dans leur clan
parisien, ils ne doivent pas être très nombreux à comprendre cet "idiome". Et
quand bien même elle ne prononce pas parfaitement bien la langue bretonne, je
trouve que malgré tout, elle pourrait représenter le symbole actuel du
militantisme linguistique en Bretagne: une forte volonté de
réappropriation !!
Peut-être a -t-elle, elle aussi, basculée de "l'ignorance" à la "découverte" ?
Je ne doute pas aujourd'hui un seul instant qu'elle puisse contribuer à donner
aujourd'hui envie aux jeunes de Bretagne d'apprendre ou de poursuivre
l'apprentissage de cette "petite" langue qui est la leur.
Commentaires
D'accord à 100 % avec Jean-François...